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L'Espagne brise la malédiction

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Au terme de la séance des tirs au but, l’Espagne se qualifie pour les demi-finales de l’Euro en éliminant l'Italie (0-0, 4-2 aux t.a.b.).

Espagne – Italie, le beau jeu face à la rigueur tactique. Non. La rencontre a été ultra-tactique de part et d’autre. Les belles promesses ibériques du premier tour avaient disparu face à ces Italiens collés au même schéma de jeu, pas aventureux pour un sou. Un instant on a cru revoir le catenaccio intériste des sixties d'un Helenio Herrera en pyjama bleu.

Peu d'occasions

Le début de rencontre est très légèrement à l’avantage des Espagnols. Comme le FC Barcelone, ils confisquent le ballon aux Italiens avec plus de 60% de possession de balle. Ce n’est pas pour autant qu’ils se procurent des occasions. La première alerte est italienne, sur une tête de Perrotta captée par Iker Casillas. Chez les Espagnols, on mettait Buffon sous pression en tentant plusieurs frappes de loin. Le spécialiste maison du soir était Silva. La première fois, il trouvait les gants de Buffon pour un corner. La seconde, il frôlait le montant droit du portier italien qui était battu pour le coup. 0-0 à la pause mais un drôle de sentiment. Celui d’assister à une mauvaise rencontre entre deux équipes pas terribles.
Heureusement, ce sentiment s’estompe en deuxième période. L’Espagne se met enfin à jouer son football et l’Italie met le nez à la fenêtre. Davantage d’occasions, mais toujours aussi peu de frappes cadrées. Toni est maladroit et lourd. Camoranesi est tout près d’ouvrir enfin la marque à l’heure de jeu, mais Casillas dévie son tir sur sa ligne de but. 20 minutes plus tard, la partie n’est pas loin de basculer lorsque Marcos Senna envoie un missile que Buffon laisse échapper sur son poteau. Ouf ! La chance est toujours du côté du meilleur gardien du monde.
Voilà, c’était à peu près tout après 90 minutes de débat. Dans ces parties ultraserrées, l’Italie est reine mais, là, elle a tranquillement attendu la séance de tirs au but. Les Transalpins n’ont commis aucune erreur défensive pendant la prolongation face aux tentatives de Villa et Guïza. Casillas sauve la maison en effectuant une claquette sur un tir de Di Natale. La meilleure tentative des Espagnols est pour Cazorla à la 120e, mais sa frappe est trop croisée.

Casillas bat Buffon

La partie allait donc se jouer aux tirs au but entre les deux meilleurs gardiens du monde, Casillas et Buffon, aussi capitaines de leurs équipes. Ils cristallisaient à eux seuls l’âme de leur formation. La tranquillité de Buffon et la classe de Casillas. L’Espagnol prenait l’ascension sur son homologue en stoppant le tir au but de De Rossi. Réponse de Buffon deux tirs au but plus tard sur la frappe de Guïza. Ce duel allait devenir extraordinaire quand Casillas arrêtait le tir de Di Natale et remportait son match avec Buffon. Fabregas marquait et envoyait sa formation en demi-finale, un stade que la Seleccion n’avait plus vu depuis 84 et la finale perdue de l’Euro.
Arrigo Sacchi avait déclaré que l'Italie sortirait vainqueur d'un match serré. Raté. Récompense méritée pour cette équipe ibérique qui a fait le jeu et tenté de déjouer le cadenas italien. Un autre esprit récompensé. Comme la Turquie, comme la Russie et comme l’Allemagne, ceux qui jouent l’emportent. Justice est rendue. L’Espagne sauve l’honneur des premiers de poule en renvoyant l’Italie à la maison. Soulagement après 88 ans de disette face à l’Italie. Après ce match de la Méditerranée, les hommes d’Aragones vont rencontrer la Russie. Choc des extrêmes géographiques entre deux sélections qui ont le beau jeu pour leitmotiv.

La rédaction - Morgan Maury