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L’Espagne divisée derrière la « Roja »

La nation ibérique aborde la finale en ordre dispersé, puisque Catalans et Basques ont tenu à se démarquer en n’hésitant pas à soutenir publiquement l’Allemagne…

Alors que l’Allemagne soutient à l’unisson la Nationalmannschaft, l’Espagne étale comme d’habitude ses divisions autour de la Seleccao. Alors que la « Roja » a une occasion unique de combler un palmarès vierge de compétitions internationales, les régionalismes ont gâché la fête depuis le stade des demi-finales. Les partis basques et catalans avaient ouvertement soutenu la Russie. Malgré la large victoire des Ibères (3-0), les empêcheurs de tourner en rond ont remis le couvert. Le président des séparatistes catalans à la Chambre des députés a ainsi déclaré « ne pas avoir d’autre choix que de soutenir l’Allemagne »… L’engouement des téléspectateurs espagnols pour l’Euro est traversé par la même ligne de fracture. Si les scores sont très élevés dans la région de Madrid, ils sont à l’inverse bas à Barcelone et Bilbao. Les critiques des régionalistes à l’encontre de la sélection espagnole sont d’autant plus curieuses que le groupe de Luis Aragones a pour patrons de nombreux joueurs issus de ces régions contestataires : Xavi Alonso pour le Pays-Basque, Cesc Fabregas, Andres Inesta et Carles Puyol pour la Catalogne. La différence avec la solidarité allemande est d’autant plus frappante que Berlin est, tout comme Madrid, la capitale d’un Etat si ce n'est fédéral tout au moins respecteux des particularismes locaux. On est loin du jacobinisme « à la française ». Les footballeurs de Fabregas vont-ils, en cas de victoire, ressouder les Espagnols comme l’avait fait les basketteurs de Gasol au Mondial 2006 ?

La rédaction