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L’Italie bouillie d’entrée

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La Squadra Azzurra a été giflée par les Pays-Bas (3-0) dès son entrée en lice dans l’Euro. Les hommes de Roberto Donadoni sont déjà condamnés à l’emporter vendredi prochain face à la Roumanie.

C’est un véritable coup de tonnerre qui s’est abattu sur la tête de Roberto Donadoni, de la Squadra Azzurra et… de tout le peuple italien. Qui aurait cru que les champions du monde en titre auraient manqué leur entrée en lice dans cet Euro 2008 ? Qui aurait pensé que les Italiens, réputés pour ne rien lâcher dans les grands rendez-vous, seraient passés à côté de leur sujet, défensivement surtout, face à des Bataves beaux joueurs et que l’on voyait déjà mal en point en raison de quelques blessés (Van Persie, Babel) et d’une jeunesse jugée trop importante pour ce genre de compétition.

Mais, finalement, la jeunesse n’a pas eu d’incidence lundi soir sur la pelouse du stade de Suisse (Wankdorf). Pas de conséquence néfaste, il s’entend pour les Oranje. C’est même tout le contraire qui a eu lieu sur le pré helvétique, tant la classe biberon alignée par Van Basten a mangé toute crue son homologue italienne. Par séquences, pour ne pas dire durant une grande majorité de la partie, la Squadra a couru après le ballon, encore et inlassablement. Du coup, la tête de Luca Toni juste à côté du poteau gauche de Van der Sar (13e), en début de partie, n’apparaît que comme un vaste trompe-l’œil. En effet, à la suite de cette occasion de but, on se dit, en toute légitimité, que les Italiens sont bien entrés dans la partie. Il n’en est rien.

Ce ne sera jamais le cas. Certes, il y a bien eu un petit raid rageur de Zambrotta, conclu par une frappe hors-cadre (56e). Ou une montée autoritaire de Grosso, sans suite pour sa formation (63e) et même une banderille de Del Piero, tonique dès son entrée en jeu (68e). Mais tout cela se révèle bien insuffisant pour renverser une vapeur trop vite établie dans cette rencontre. Pataude, naïve et incroyablement maladroite, aussi bien dans le jeu que dans ses velléités offensives, l’Italie a peiné à soutenir la comparaison face à un adversaire en jambes, créatif et techniquement supérieur.

L’Italie sans patron

Les Italiens savaient pourtant à quoi s’en tenir. Avec le 4-3-3 proposé par Van Basten, ces derniers connaissaient les forces et les faiblesses de leur rival de la soirée. Mais les champions du monde n’auront jamais eu véritablement la maestria nécessaire pour faire douter les Oranje. C’est même l’inverse qui se produit. D’un plat du pied victorieux à bout portant, Van Nistelrooy transforme en or un coup franc mal repoussé par la défense italienne (26e, 1-0). Un but largement entaché d’une grosse position de hors-jeu pour le Batave, qui n’y verra probablement que justice, lui qui pensait déjà déflorer la marque quelques minutes auparavant (19e).

Dans une magnifique action d’école, Sneijder, d’une volée acrobatique, donne du relief à la domination des siens (31e, 2-0). Signe du malaise italien : le regard perdu et dévasté de Luca Toni, goleador muet et incroyablement maladroit dans la surface seul face à Van der Sar (76e). Une mine déjà entrevue au retour des vestiaires, une expression faciale indéboulonnable surtout du visage de Roberto Donadoni, bien conscient que son équipe, lundi soir, manquait d’âme. De chance, aussi, comme en témoigne une action individuelle de Grosso (79e) et un coup franc magnifique de Pirlo (80e), magnifiquement repoussés par Van der Sar. Et d’un leader. Un seul être vous manque… et rien n’est plus pareil.

Cannavaro forfait, la défense italienne n’a jamais semblé aussi flottante, aussi peu rassurante, avec ou sans Materazzi d’ailleurs, sorti en cours en match. Donadoni sait désormais sur quoi il devra plancher avant de préparer le match-couperet qui attend les siens face à la Roumanie. Le sélectionneur devra également panser des plaies et rassurer des esprits touchés, humiliés un peu plus par une tête décisive de Van Bronckhorst (81e, 3-0). Douchée d’entrée, l’Italie va devoir démontrer sa capacité de relance. Le plus vite possible. Sinon le rêve de sacre européen du peuple italien pourrait ne rester qu’au statut de songe.

La rédaction - Alix Dulac