RMC Sport

L’Italie également prise au piège

Gialuigi Buffon aura sorti un gros match en arrêtant le pénalty de Mutu mais n'aura pas pu éviter le match nul à la Squaddra.

Gialuigi Buffon aura sorti un gros match en arrêtant le pénalty de Mutu mais n'aura pas pu éviter le match nul à la Squaddra. - -

Dominatrice, l’Italie n’a pas réussi, comme la France, à forcer son destin face à la Roumanie (1-1). La qualification pour les quarts de finale demeure toujours aussi incertaine pour les champions du monde.

Le message était clair dans les rangs de la Nazionale : marquer et gagner pour ne plus douter. Si la première partie du plan espéré par les Italiens a été respecté à la lettre, la seconde moitié, elle, est restée au stade du projet. L’Italie, tout comme la France en début de semaine, n’est pas parvenu à faire sauter le verrou roumain, pas du moins au point de quitter la pelouse du Letzigrund Stadion avec le gain des trois points. Pis… dans un match finalement moins fermé que l’on aurait pu le penser, la Squadra Azzurra est passée très proche d’une grosse désillusion.

Un véritable cauchemar même, un scénario catastrophe proche de prendre forme à la 81e minute de jeu de la partie. Pour avoir accroché le maillot de Niculae dans la surface, Panucci offre en effet un penalty décisif à la Roumanie. Un véritable coup de massue pour les champions du monde 2006. Un penalty surtout que Mutu, étrangement inconstant depuis le début de la compétition, va manquer… ou que pour bon nombre d’observateurs, Gianluigi Buffon va stopper, le portier italien réalisant une jolie parade sur sa ligne de but.

Panucci peut alors respirer. L’ancien Monégasque a bien failli troquer son habit de héros de la nation en symbole vivant de l’échec de la Nazionale vendredi soir sur le sol suisse. Un costume de sauveur revêti à la 56e minute de jeu, lorsque du bout du pied et avec rage, cet indéfectible élément de la sélection italienne vient remettre les deux formations à égalité. Une intervention ô combien décisive de cet habituel latéral droit, reconduit dans l’axe pour les besoins de la nation suite à l’échec de la doublette Materazzi-Barzagli face aux Hollandais.

Mutu aurait pu tout gâcher

Suffisante pour maintenir les siens en vie, l’égalisation de Panucci se révèlera en revanche un peu maigre au niveau du plan comptable. Avec un seul point pris en deux journées dans le groupe C, l’Italie ne marche pas vraiment de manière conquérante et sereine vers les quarts de finale de l’épreuve. Certes, face aux Roumains, la Squadra a affiché plus de maîtrise et d’allant, bref, une version plus étendue de la révolte initiée lors de la seconde période de son naufrage néerlandais. Mais bien jouer ne suffit pas, encore plus face à un adversaire capable de faire la pluie et le beau temps en quelques secondes dans votre surface de réparation. Lorsque Del Piero manque le cadre sur un centre en retrait de Perrotta (9e), Mutu, lui, vient directement chauffer les gants de Buffon (16e).

Capable de donner la suée à ses rivaux et habile à endormir ces derniers dans un faux rythme, la troupe de Victor Piturca, au sortir d’un premier quart d’heure plutôt bien géré, aurait très pu bien mener à la marque. Buffon doit s’employer face à Tamas (18e) et peut compter sur son poteau droit, déterminant sur un essai de Chivu (20e). Dangereuse par séquence, la Roumanie, avec un Mutu sur courant alternatif, maintient une pression constante sur le but italien. En face, on ne parvient pas, à l’image d’un Toni maladroit, à se libérer. A deux reprises (40e et 40e+3), le goleador du Bayern Munich croit avoir fait le plus dur. Surtout lors de sa deuxième tentative, une tête catapultée dans le but de Lobont mais un coup de crâne victorieux refusé pour un hors-jeu… inexistant.

Roberto Donadoni, sur son banc de touche, peut se ronger les ongles. Tous les ongles. Car ses protégés vont empiler les occasions de but, les situations favorables. Le sélectionneur croit même rêver lorsque Lobont enlève de son cadre une banderille aérienne de De Rossi (75e). Que dire de ses doigts après l’ouverture du score roumaine, consécutive à une mauvaise appréciation de Zambrotta devant Mutu… (55e). Heureusement pour la Nazionale et son guide, le doute et la peur n’auront pas le temps de faire corps. Panucci donc dans la foulée et surtout Buffon en fin de match iront au charbon pour maintenir les leurs en vie dans ce groupe C. A 90 minutes et un peu plus si affinités de la fin de sa phase de poule, la Squadra voit désormais sa marge de manœuvre réduite à une infime portion congrue. Méfiance tout de même. Par le passé, la sélection italienne a déjà prouvé qu’elle savait se sortir de ce genre de situation.

La rédaction - Alix Dulac