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L’Ukraine n’a pas levé tous les doutes

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Le pays co-organisateur de l’Euro 2012, avec la Pologne, n’est pas encore prêt à accueillir la compétition l’été prochain. A six mois de l’échéance, les autorités doivent notamment faire face à un important déficit d’hébergement.

L’Ukraine sera-t-elle prête à temps pour l’Euro 2012 ? La question est sur toutes les lèvres. Depuis sa désignation en 2005, aux côtés de la Pologne, le pays organisateur suscite de nombreux doutes quant à ses capacités d’accueil. A six mois de l’événement (du 8 juin au 1er juillet), certains d’entre eux n’ont toujours pas été levés. « Pour organiser un tel événement sportif, il faut avoir les infrastructures, des aéroports, des stades, des hôtels… beaucoup de choses, rappelle Serguei Polkhovski, le directeur de Dynamo Kiev TV. En 2005, il n’y avait pas le nécessaire. Six ans après, est-ce que les gens seront bien accueillis l’été prochain ? Je n’en suis pas sûr. Au niveau des transports et des hôtels, il risque d’y avoir de très graves problèmes. »

Des problèmes qui devraient particulièrement toucher le secteur hôtelier. « A cause de la crise, il n’ont pas pu construire tous les établissements prévus, reconnaît Michel Platini, président de l’UEFA. Mais c’est le seul petit problème. » A moins de 200 jours de l’Euro, l’Ukraine doit donc faire face à un important déficit d’hébergement. L’UEFA a exigé la mise à disposition de 18 200 chambres réparties dans les quatre villes hôtes (Kiev, Lviv, Donetsk, Kharkiv). En octobre, il en manquait toujours 6 000. Pour atténuer la pénurie, les autorités envisagent d’aménager des maisons de repos et des foyers universitaires. Conséquence ? Les prix risquent de doubler, voire tripler pour le million de supporters attendus durant les trois semaines de compétition. Une inquiétude pour le gouvernement ukrainien, désireux d’offrir une image irréprochable à ses voisins.

Le mécontentement de la population

« L’Ukraine a la possibilité de montrer ses capacités aux étrangers et surtout à la communauté européenne, qu’elle rêve d’intégrer, glisse Polkhovski. C’est une formidable occasion. Mais est-ce que ça sera une réussite ou un fiasco ? On verra bien. » En attendant, les moyens déployés pour recevoir le gratin du football continental font grincer des dents au sein de la population. « Les gens auraient aimé que tous ces investissements soient faits pour construire des terrains de foot, des salles de sport, des piscines partout en Ukraine, assure Polkhovski. Ça manque vraiment à la population et aux jeunes surtout. Je pense qu’ils auraient dû investir ces sommes pharaoniques là-dedans. Ce qui me dérange en tant que citoyen, c’est que tout cet argent vient de l’Etat. Ce sont les Ukrainiens qui paient cet événement à travers les impôts. Mais ils ne seront pas récompensés. La part du gâteau reviendra essentiellement aux partenaires et aux sponsors. »

Alexandre Jaquin avec Jérôme Sillon