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La Croatie OK, l’Allemagne KO

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Auteurs d’un match bien maîtrisé, les Croates s’offrent le scalp de l’Allemagne (2-1). Les hommes de Slaven Bilic ont leur billet en poche pour les quarts de finale.

Fortement critiquée après sa victoire on ne peut plus poussive aux dépens de l’Autriche, la Croatie devait confirmer. Confirmer face à une formation allemande érigée au même titre que le Portugal ou l’Espagne comme une des grands favorites de la compétition. Et surtout afficher un visage conquérant… de façon constante, ce que les protégés de Slaven Bilic n’avaient pas su faire face au pays co-organisateur, victimes d’un incroyable coup de pompe en seconde période. Mission accomplie pour les hommes au damier rouge et blanc, impressionnants de maîtrise et de rythme pour mettre à genoux une Nationalmannschaft pourtant délicate à bouger (2-1).

En réalité, il n’aura fallu que 23 minutes pour que la Croatie perce le verrou allemand. Jusque-là ? Un round d’observation classique entre deux sélections techniquement au point mais incapables de se régler dans les vingt derniers mètres adverses. Trompe-l’œil, l’Allemagne semble être la mieux entrée dans la partie. Un peu plus entreprenante et dominatrice balle au pied, la bande dirigée par Joachim Löw donne le ton. Mais pas vraiment le la. Pour cela, il faut compter sur Darijo Srna, présent dans la surface pour concrétiser un centre de Pranjic (23e, 1-0).

Les Croates plus sûrs

Surprise, l’Allemagne tente de faire jouer son orgueil. Son statut également. Gomez de la tête (25e), Ballack de loin (33e) Podolski (33e) et Metzelder dans la surface (40e) tentent de forcer le destin de leur sélection. Mais à chaque fois, le cadre se dérobe quand ce n’est pas la main ferme de Pletikosa qui vient s’interposer. En face, le récital technique continue. Le break n’est même pas loin pour la Croatie mais Kranjcar (30e et 42e) manque cruellement de lucidité dans la finition. L’état d’alerte est alors décrété du côté allemand.

Löw décide de revoir ses plans. Ce dernier abandonne le 4-4-2 initié en début de partie pour replacer ses troupes dans un 4-3-3 censé étirer les lignes arrières adverses et donner plus de poids aux offensives de ses joueurs. Dans ce cadre, Odonkor remplace le volontaire Jansen (46e). Ce dernier donne de la résonnance aux flancs allemands mais la mayonnaise, si elle prend forme sur le pré, ne suffit pas à déstabiliser le bloc croate. Pis, ce dernier, beaucoup plus endurant que face à l’Autriche, maintient son niveau de jeu. Modric, de loin, le confirme d’ailleurs assez rapidement à Lehmann, pas toujours sûr de ses mains (52e). Et de son placement sur sa ligne de but. Contesté lors des matches de préparation, le portier d’Arsenal fera encore couler beaucoup d’encre, transformant un centre tendu de Rakitic, avec la complicité d'un de ses défenseurs, en passe décisive pour Olic (62e, 2-0).

Très mûre tactiquement, la Croatie a donc su attendre son heure pour faire le break, à un moment où les Allemands commençaient à imposer leur nouveau schéma de jeu et à trouver des espaces dans l’arrière-garde adverse. Sûrs de leur force, les joueurs au damier ont donné une leçon de maîtrise à une Nationalmannschaft parfois proche du chaos, instable mentalement (carton rouge pour Schweinsteiger, 90e+2) et que le troisième but de Podolski ne consolera pas (79e, 2-1). L’Allemagne, si proche il y a quelques heures des quarts de finale, aura encore un effort à faire dans ce groupe B. En revanche, le tapis rouge est tout déplié pour des Croates qualifiés pour les quarts de finale, assurés de terminer premiers de leur groupe et de plus en plus impressionnants sur le pré autrichien. C'est ce qu'on appelle du travail bien fait.

La rédaction - Alix Dulac