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La Grèce, un tenant bien pâle

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Dominée logiquement par des Suédois plus méritants, la Grèce, championne d’Europe en titre, tombe dès son premier match de l’Euro 2008 (2-0). La pression est déjà sur les épaules des Hellènes.

Tel est pris qui croyait prendre. A trop vouloir tromper son adversaire, à l’enfermer dans un faux rythme pour mieux l’endormir, la Grèce s’est elle-même mise dans le dur. Si la méthode avait fait sensation lors du dernier Euro, offrant d’ailleurs aux Hellènes l’obtention du sacre, cette fois, la stratégie mise en place par Otto Rehhagel a trouvé ses limites. Longtemps, pourtant, le public du Salzburg Wals-Siezenheim Stadion a bien cru assister à un remake des matchs sans saveur dont les Grecs avaient pu gratifier le monde du football il y a quatre ans.

La tendance penchait fortement vers ce cas de figure à la pause. Après quarante-cinq minutes passées à refuser le jeu, à contenir l’adversaire sans trop se présenter devant la surface adverse, la Grève avait en partie tenu la moitié de son pari. De quoi donner des cheveux blancs à Lars Lagerbäck, qui voit ses hommes dominer, proposer du jeu et du spectacle, sans pour autant être récompensés en retour. Une frappe de peu hors-cadre de Svensson (11e) et une banderille d’Ibrahimovic (32e) manquent de calmer sa frénésie.

Fin de disette pour Ibrahimovic

En face, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Fidèle à sa réputation, la Grèce attend que son adversaire fasse un faux pas pour montrer les dents. Charisteas, artificier en chef de la bande à Rehhagel lors de l’épopée victorieuse des Dieux de l’Olympe, s’affiche discrètement mais sournoisement aux abords du carré de vérité suédois (7e, 26e) quand ce n’est pas Karagounis qui vient chatouiller de loin les gants d’Isaksson (45e). Suffisant pour rendre le jeu grec attrayant ? Non à en croire les sifflets retentissants du public. L’œuvre d’ennui massif initié par les champions en titre agace autant qu’il endort son adversaire.

Heureusement pour des Suédois méritants, le talent, dans ces cas-là, peut vous ôter une belle épine du pied. Zlatan Ibrahimovic, à la sortie d’un une-deux avec Henrik Larsson, expédie la sentence espérée dans la lucarne droite de Nikopolidis (66e, 1-0). Une première flèche attendue par le joueur de l’Inter Milan, muet depuis octobre 2005 avec la sélection, une première bientôt bissée par la formation jaune, un peu heureuse dans la surface de trouver le crampon victorieux d’Hansson sur un énorme cafouillage devant le but hellène (72e, 2-0). Dos au mur, la Grèce va alors prendre des risques (entrée d’Amanatidis, sortie de Dellas) et tenter crânement sa chance. Enfin. Mais ni Charisteas (77e) ni Torosidis en duel dans la surface (88e) ne parviendront à forcer le verrou adverse. La sentence est tombée pour les champions d’Europe 2004. Pour exister dans ce groupe D, il va falloir que ces derniers évoluent et révisent leur schéma tactique. Sous peine de rentrer au pays, cette fois, avec la mine des dieux... déchus.

La rédaction - Alix Dulac