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La Suisse prend la porte

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Le pays organisateur a affiché un visage conquérant face à la Turquie mais cela n’a pas suffi (1-2). Battue sur le fil, le Suisse quitte l’Euro 2008.

Il ne fallait surtout pas perdre pour la Suisse. Ne pas perdre pour continuer à espérer dans ce groupe A et encore envisager de réaliser un bon parcours lors de son Euro. Mission… manquée pour les Helvètes, volontaires mais dominés sur le fil par des Turcs bien plus consistants que lors de leur premier match. Malgré une bonne prestation, la deuxième des protégés de Köbi Kuhn dans cette épreuve, le destin n’a pas voulu rigoler pour les locaux.

Encore une fois, la malchance s’est abattue sur la tête des Suisses. D’ailleurs, certains auraient pu voir, interpréter et comprendre, en voyant la pluie diluvienne qui s’est abattue au-dessus de la pelouse du St. Jakob-Park , un mauvais, un très mauvais présage même pour une formation rouge élégante, volontaire sur le pré et ce, malgré l’absence de son atout numéro un, Alexander Frei. Pourtant, c’est ce même déluge et ces mêmes conditions climatiques difficiles qui offrent l’ouverture du score aux Suisses, Yakin profitant d’un arrêt total du ballon devant la ligne de but pour transformer en or un centre en retrait de Derdiyok (32e, 1-0).

Mais ce sera bien là le seul cadeau que la météo aura bien voulu accorder aux Helvètes. La Suisse, bien plus dominatrice en première période, ne parvient pas à surfer sur son ouverture du score. Yakin, encore seul dans la surface (33e), manque le break. Une action qui coûtera cher aux hommes de Kuhn, qui ne parviendront jamais finalement à appuyer sur le champignon. C’est tout l’inverse qui se produit d’ailleurs. Les Turcs, passablement empruntés en première période car surtout gênés par un terrain qui ne facilite pas leur jeu tout en mouvement, reprennent leurs esprits.

Eliminée sans avoir démérité

La tête de Tümer sur le poteau (30e) est déjà un avertissement sans frais pour les Suisses. Le coaching initié à la pause par Fatih Terim n’en est qu’une confirmation. En effet, les entrées en jeu de Mehmet Topal et de Semih font rapidement leurs effets. Nihat trouve en Semih un partenaire habile à prendre la profondeur et à profiter des espaces présents au sein de la défense adverse. Cette nouvelle donne ne tarde pas à porter ses fruits. C'est ce même Semih, d’une tête rageuse,qui remet les deux sélections sur un pied d’égalité (56e). Pas de quoi, cependant, faire plier des Suisses toujours aussi volontaires.

Mais le réalisme fuit les rangs helvétiques. Ni Yakin (58e), ni Magnin (61e) ne trouvent le cadre adverse. Kuhn joue bien la carte de la vitesse et de l’insouciance avec Vonlanthen (65e) mais le jeune espoir suisse, s’il fait trembler la défense turque, ne parvient pas à la faire voler en éclats. Il était donc dit que cet Euro 2008 serait maudit pour la Suisse. Une tendance qu’Arda, d’une frappe contrée par le pied de Müller mais triomphante, finit d’inscrire en gros sur le tableau d’affichage du St. Jakob-Park (90e+2). Sous la pluie, le pays organisateur quitte sa propre compétition… Première éliminée, la sélection helvète croisera la route du Portugal, premier qualifié, lui, pour les quarts de finale. Décidément, le malheur des uns fait le bonheur des autres.

La rédaction