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Le nouveau modèle espagnol

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C’est sans véritable avant-centre, mais avec un Cesc Fabregas encore une fois décisif dans un nouveau rôle hybride, que la sélection espagnole a remporté dimanche le championnat d’Europe 2012. Inédit.

Quelle autre équipe que l’Espagne aurait pu être sacrée championne d’Europe sans aligner un véritable avant-centre ? Aucune, sans doute. Voilà l’immense réussite de Vicente Del Bosque, le sélectionneur espagnol. Ce dimanche soir, contre l’Italie, c’est Cesc Fabregas qui a encore occupé le poste d’attaquant. Comme lors du 1er match du groupe C (1-1), face à ce même adversaire, le Catalan a fait la différence. Cette fois, il n’a pas marqué mais a ouvert la voie du triomphe de la Roja en offrant le premier but à Silva (14e).

Sur les six matches de la sélection ibérique lors de cette phase finale, trois ont été disputés avec Cesc Fabregas en pointe. Autrement dit sans avant-centre de métier, aux réflexes de « 9 ». Alvaro Negredo, décevant face au Portugal, et Fernando Torres, double buteur contre l’Irlande (4-0) et à nouveau titulaire contre la Croatie (1-0), se sont partagés les autres rencontres. Entré en jeu à 15 minutes de la fin ce dimanche, l’attaquant de Chelsea a inscrit le troisième but de la Roja (84e).

Quand Lineker s’inquiète pour les attaquants…

Une maigre consolation pour lui, alors qu’il avait provoqué ce drôle de tweet de Gary Lineker, l’ex-attaquant de la sélection anglaise : « Fernando, te rends-tu compte que tu joues pour la survie du poste d’avant-centre ? » Finalement, la blessure au tibia de David Villa, le buteur de la Roja, était peut-être un mal pour un bien. Avec un joueur comme Cesc Fabregas, milieu de terrain habitué à faire courir le ballon, les principes du jeu espagnol basés sur la possession de balle et le jeu de passes ont pris une autre dimension.

Au point d’être même très critiqués durant la compétition, comme ce fut le cas après les succès contre la France en quarts de finale (2-0) et le Portugal en demi-finales (0-0, 4 t.a.b. à 2). Aujourd’hui, ce triomphe sans numéro 9 pourrait presque donner des idées à d’autres techniciens… A quelques heures de la finale, Gianluigi Buffon notait en tout cas : « Du gardien jusqu’aux attaquants, l'Espagne a tellement de bons joueurs à tous les postes ! En sortir un, ce serait manquer de respect pour les autres joueurs. » Il ne croyait pas si bien dire…

Aurélien Brossier