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Les A, c’est encore loin ?

Gael Kakuta

Gael Kakuta - -

L’histoire l’a prouvé, rien ne garantit la réussite d’une génération dorée à l’étage supérieur. Si quelques glorieux aînés ont ouvert la voie, beaucoup sont restés sur le bord de la route.

Ils rêvent tous d’un destin semblable à celui des Gourcuff, Diaby et Lloris, têtes d’affiches de la dernière génération vainqueur d’un Euro des moins de 19 ans. C’était en juillet 2005, en l’Irlande du Nord. Sur 18 joueurs, seuls les trois précités ont vécu la consécration d’une convocation en équipe de France A. D’autres comme Younes Kaboul ou Yohan Cabaye figurent peut-être sur les tablettes du nouveau sélectionneur Laurent Blanc.

Mais qui se souvient de Yassin Moutaouakil, Olivier N’Siabamfumu ou de Frédéric Sammaritano ? Ils forment le contingent d’oubliés d’une génération 86 sacrée en jeunes, mais au sein de laquelle seule une moitié de joueurs apparaissent régulièrement sur les comptes-rendus de Ligue 1 (Digard, Gouffran, Sow). Milieu offensif du FC Nantes, Djamel Abdoun a quant à lui choisi d’honorer le maillot de son pays d’origine, l’Algérie.

Kakuta, le plus proche

Aujourd’hui, les 18 minis-bleus sacrés à Caen totalisent à eux tous 129 apparitions en 1ère ou en 2ème division. Le plus régulier s’appelle Antoine Griezmann, milieu de la Real Sociedad (D2 espagnole), qui avec 32 titularisations a grandement contribué à la montée de son club en Liga. A l’opposé, Alexandre Lacazette, buteur décisif en finale, n’a porté la tunique lyonnaise qu’une seule fois lors de la saison 2009-2010. Son passeur, Gaël Kakuta, alimente déjà les fantasmes des recruteurs européens.

Arraché à Lens par Chelsea en juillet 2007, l’attaquant suscite les commentaires dithyrambiques de ses prestigieux partenaires. John Obi Mikel a ainsi déclaré : « En termes de qualité technique, c’est le meilleur du club. » S’il a éclaboussé l’Euro avec des gestes d’exception, le « Black Zidane » doit faire mieux que les 4 apparitions inscrites sur son CV en 2009-2010 pour espérer voir plus haut. Une nécessité confirmée par le coach de l’équipe de France des moins de 19 ans, Francis Smerecki : « Pas un seul n’a encore joué 10 matchs consécutifs en Ligue 1. A l’horizon 2 ou 3 ans, quelques-uns passeront à l’étage supérieur. Dans les bonnes générations, celles qui gagnent des trophées, on en retrouve forcément après en Equipe de France. »

Sylvain Reignault