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Les Bleus déjà sous pression

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Pour son premier match de l’Euro 2008, l’équipe de France a dû se contenter d’un match nul face à la Roumanie (0-0). Malgré une nette domination, les Bleus n’ont pas réussi à percer le verrou adverse.

Le sommeil risque d’être long et difficile à trouver pour les Bleus de Raymond Domenech. Pour le sélectionneur également. En effet, après un peu plus de 90 minutes de jeu passées sur le pré, l’équipe de France n’est pas parvenue à prendre son destin en main. Si l’envie était là, de manière sporadique, dans les rangs tricolores, le réalisme et le jeu étaient eux éparpillés quelque part au-dessus des travées du stade Letzigrund de Zurich.Finalement, ce que les matches de préparation avaient laissé entrevoir s’est confirmé sur le pré suisse.

La bande à Raymond Domenech, plutôt solide et consistante sur le terrain, n’est jamais parvenue à trouver le coup de rein nécessaire pour déséquilibrer des Roumains volontairement campés à trente mètres de leur but, bien décidés notamment à aspirer l’entrejeu français pour le cueillir en contre. Les Tricolores n’ont pas réussi surtout à apporter ce grain de folie et de vélocité indispensable pour se sortir de ce genre de piège. Pis, les Bleus ont affiché par phases quelques séquences de fébrilité en défense et d’incompréhension offensive que les quatre jours qui séparent ce nul face à la Roumanie au duel contre les Pays-Bas ne suffiront probablement pas à gommer. Pas toujours sereins sur les quelques coups de poker tentés par les hommes de Victor Piturca, les partenaires de Lilian Thuram ont inquiété plus qu’ils n’ont rassuré leurs auditoires lundi soir.

D’abord, certains cadres ont affiché de sérieux manques physiques. L’arrière-garde bleue, défendue à corps et à cri par Raymond Domenech, n’a certes pas souffert face à l’unique pointe alignée en face d’elle (Niculae), ni sembler perturbée par les décrochages incessants d’Adrian Mutu, cantonné sur le flanc gauche. Mais elle n’a pas toujours apporté ce que l’on pouvait attendre d’elle. Sagnol et Abidal, trop juste athlétiquement pour l’un, trop emprunté pour l’autre, n’ont jamais apporté le soutien offensif que l’on était en droit d’attendre d’eux.

Toulalan, Makelele : les seules satisfactions

On s’inquiétait pour la première de Toulalan à la place de Vieira dans le grand bain de l’Euro. Le Lyonnais n’a pas déçu aux côtés du vétéran Makelele, contrairement à certains de ses partenaires. Offensivement, ses petits camarades de l’attaque se sont souvent marchés sur les pieds (Benzema-Anelka), quand ces derniers ont manqué de poids (Benzema, 57e), de lucidité (Anelka, 33e, Malouda, 46e,) et de présence surtout devant le but adverse. Certes, le double rideau défensif dressé par les Roumains n’a pas favorisé le jeu d’attaque prôné par les protégés de Domenech.

Mais avec le talent et surtout les qualités que l’on prête à certains Bleus, l’équipe de France avait les armes pour déséquilibrer un collectif adverse construit pour défendre mais trop brouillon à l’heure d’attaquer pour espérer créer l’exploit. Encore aurait-il fallu pour cela qu’un Ribéry, un Malouda ou un Anelka jouent à l’endroit et parviennent à réveiller le talent créatif qui sommeille en eux. Peine perdue pour le groupe France, peine perdue pour Raymond Domenech qui n’a pas dû reconnaître certains de ses leaders lundi. Ni Gomis (72e), ni Nasri (77e) n’ont pu apporter l’espace ou le décalage nécessaire pour, enfin, trouver la brèche dans le dispositif roumain.

Après 92 minutes de jeu de domination stérile et d’énervement progressif, la France se retrouve déjà en position délicate dans le groupe C. Si rien, évidemment, n’est encore joué, elle devra espérer un nul entre les Pays-Bas et l’Italie pour se présenter vendredi prochain face aux Bataves avec une pression moindre. Et entre-temps, s’activer rapidement pour trouver les raisons de tels manques offensifs que même l’absence d’Henry à elle seule ne saurait expliquer. La donne est simple. Dans quatre jours, une telle copie ne pourrait, cette fois, se solder par un tout petit match nul…

La rédaction - Alix Dulac