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Les Grecs se préparent au « derby de la dette »

Georges Samaras et les Grecs attendent les Allemands de pied ferme

Georges Samaras et les Grecs attendent les Allemands de pied ferme - -

Allemagne-Grèce dépasse de loin le cadre sportif. Les deux équipes s’affrontent alors qu’Athènes est plongé depuis deux ans dans une crise sans précédent, et qu’en face Berlin refuse la moindre concession au plan de rigueur imposé par les Européens.

« On sait tous ce que traverse notre pays, et on va jouer pour notre drapeau, pour tous les gens qui sont derrière nous. Pour le reste, appelez le Premier ministre. » Depuis que les partenaires de Kostas Katsouranis, l’un des vétérans de l’équipe championne en 2004, se sont qualifiés pour les quarts de finale de l’Euro et qu’ils ont appris qu’ils affronteraient l’Allemagne, le match a pris des allures de revanche en dépassant le cadre du rectangle vert.

Au-delà du face-à-face déséquilibré entre les deux adversaires (8 victoires pour l’Allemagne), les médias grecs et allemands parlent du « derby de la dette », opposant un pays exsangue face à la chancelière allemande Angela Merkel, honnie des Athéniens pour avoir mis le pays à genou en échange des milliards d’euros d’aide européenne.
Bild fait ses choux gras de cette rivalité extra-sportive. « Pauvre Grecs, cette fois l’aide européenne ne suffira pas », titrait récemment le quotidien populaire. Il faut dire que certains hommes politiques ne se sont pas privés, outre-Rhin, de faire monter la tension. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, connu pour ses sorties peu tendres envers Athènes, a pronostiqué une victoire 3-1 des joueurs de Löw « pour faire sortir les Grecs de l’Euro »…

Merkel quittera Ayrault pour filer à Gdansk

Régulièrement interrogés par les médias, les joueurs de Fernando Santos tentent de ne pas se faire prendre à ce petit jeu, mais le naturel revient comme une balle en sortie de touche. Giorgos Samaras, après la victoire contre la Russie (1-0) : « On fait oublier aux gens leurs problèmes pendant quelques heures. C’est ce que je retiens après cette victoire, et j’en suis très fier. On joue pour 11 millions de personnes. »

Coïncidence, l’attaquant du Celtic a le même patronyme que le Premier ministre grec, Antonis Samaras, tout juste désigné pour former un gouvernement de sortie de crise. Très occupé, le leader du parti conservateur (Nouvelle Démocratie) ne devrait pas se rendre à Gdansk soutenir la Grèce. Merkel l’a pourtant invité lorsqu’elle lui a adressé un message de félicitations après sa nomination. La Chancelière, supportrice déclarée de la Nationalmannschaft, s’absentera quelques heures d’une réunion des chefs de gouvernements français, espagnol et italien à Rome, pour faire la claque à Gdansk. Une présence dont se serait passé Joachim Löw, qui a tenu à remettre chacun à sa place en déclarant : « ce n’est pas elle qui fait l’équipe ». Les 4000 supporteurs grecs attendus à la Gdansk Arena ne manqueront pas d’accueillir chaudement la « Kaiser Angela ».