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Les hooligans polonais défient l’Euro 2012

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Le football polonais est gangréné par la violence de ses hool’. Plusieurs incidents violents ont d’ailleurs émaillé la fin de saison. Les autorités ont pris la mesure de la gravité des événements mais la situation reste tendue à un an de l’Euro 2012.

La finale de la Coupe de Pologne, en mai dernier, devait être une fête pour l’un des deux pays hôtes de l’Euro 2012, mais à un an du grand rendez-vous partagé avec l’Ukraine (6 juin-1er juillet), l’événement s’est transformé en cauchemar. Quand les supporteurs de Lech Poznan et du Legia Varsovie (1-1, 4-5 tab.) ont commencé à en venir aux mains, arrachant les sièges, et fonçant sur la police, le Premier ministre polonais Donald Tusk et le président de la Fédération polonaise de football, Grzegorz Lato, se sont pris la tête entre les mains. « Je suis choqué par ce qui s’est passé, je présente mes excuses auprès de mes collègues ukrainiens », a glapi le patron de la FPF. Sous les yeux des représentants de l’UEFA, vingt-six casseurs ont été arrêtés, mais le mal est fait. « Ils savent qu’ils ont un gros problème d’image, souligne Martin Kallen, directeur des opérations de l’Euro 2012. Des hooligans sont présents autour des matches à chaque journée de championnat, mais le gouvernement prend les bonnes décisions pour l’avenir. »
Depuis l’attribution de l’Euro en 2007, 1800 supporteurs radicaux ont été fichés et interdits de stade. Pendant le tournoi, ces derniers porteront des bracelets électroniques et tout contrevenant sera passible de 700 euros d’amende et de 2500 euros en cas de port d’arme. Des tribunaux d’exception sont prévus dans l’enceinte des stades. Toutes ces mesures semblent avoir porté leurs fruits : 100 incidents ont été rapportés en 2010 contre 180 en 2009. Mais à l’image des violences qui ont émaillé la Coupe de Pologne, le danger n’est jamais loin.

Cracovie ou « la ville des couteaux »

En mars dernier, deux cents fans de la sélection de Pologne ont semé la zizanie dans les rues de Kaunas, en marge d’un match amical contre la Lituanie. En janvier, un supporteur a trouvé la mort lors d’une rixe à Lodz. De manière endémique, certaines villes sont des bastions du hooliganisme. Gdansk, qui accueillera l’Euro, est connu pour ses gros bras issus des chantiers navals. Les fans du Lechia Gdansk animaient le soulèvement populaire contre le régime du Général Jaruzelski dans les années 80. Dans les rues, on chantait : « Sur les arbres, tels des feuilles ont pendra les Communistes. » Aujourd’hui, les supporteurs adverses ont remplacé les Rouges.
Poznan et Varsovie sont le théâtre de heurts réguliers, mais c’est Cracovie, exclu de l’Euro, qui donne le plus de travail aux forces de sécurité. L’ancienne capitale historique porte le triste surnom de « ville des couteaux ». Entre fanatiques des Wisla Sharks et des Cracovia (ou AntyWisla) on s’y bat à coups de lames, de haches, voire de revolver. Huit morts ont été recensés dans les semaines qui précédaient le centenaire du derby en 2006. En 1998, lors d’un match de Coupe de l’UEFA, le Parmesan Dino Baggio quitte le terrain après avoir reçu un couteau à la tête. « En Pologne, c’est nous qui faisons la loi », annonce, sinistre, un des représentants de Cracovia (1). Dans un an, les autorités locales et l’UEFA essayeront de le faire mentir.

(1) Voir l’impressionnant reportage de l’Anglais Dany Dyer sur le hooliganisme polonais, accessible sur Youtube.

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Ukraine : Une visite à Tchernobyl ?|||

Désireux de profiter au maximum des retombées de l’Euro 2012, l’Ukraine a décidé d’attirer les visiteurs étrangers dans la région de la tristement célèbre centrale nucléaire de Tchernobyl, située à 130 km, et à deux heures de route, au nord de Kiev. Accidentée en 1986, réactivée dans la polémique en 1999, l’unité continue d’inquiéter les experts, mais le pays propose une visite touristique en car d’une journée pour 115 euros. « Le niveau de radiation n’excède pas celui auquel on est exposé lorsqu’on prend l’avion », affirment les autorités. Reste qu’il faudra signer une décharge exonérant l’agence de voyage de toute responsabilité si d’aventure cette excursion dans l’Ukraine bucolique faisait tilter votre compteur Geiger…            

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