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Ménez, le diamant brut

Jérémy Ménez

Jérémy Ménez - -

Longtemps adepte des coups d’éclat mais irrégulier dans ses performances, le milieu offensif s’est épanoui cette saison avec le PSG. Une très bonne nouvelle pour Laurent Blanc et l’équipe de France avant l’Euro.

Jérémy Ménez a mis la crête à la mode. Ce n’est pas la première fois que le joueur, dynamiteur du flanc droit au PSG et en équipe de France (12 sélections), montre la voie à ses partenaires. Mais si, à 25 ans, il est devenu un pilier en club comme avec les Bleus qui s’apprêtent à disputer l’Euro, l’influence du milieu offensif n’a pas toujours été aussi évidente. Ce fils de Bretons a fait ses premiers dribbles à Vitry-sur-Seine (94), dans la cité du Moulin Vert, avec le club du quartier. A 13 ans, Sochaux repère ce diamant brut qui fait alors ses gammes au centre de formation du PSG, et lui fait signer son premier contrat trois ans plus tard. Virevoltant, Ménez est en avance sur ses coéquipiers, mais son mental est en dents de scie.
« A l'entraînement, raconte Eric Hély, l’actuel coach des Doubistes, qui l’a eu sous ses ordres en 2003-2004, il était concentré quand c'était difficile. Mais quand ça devenait facile pour lui, il perdait en concentration. » Le Francilien n’est en effet jamais meilleur que lorsque son équipe est dos au mur. « Je l’avais pris un jour avec les moins des 16 ans, poursuit Hély. On perdait 1-0, il a alors pris le ballon dans les filets, il l’a mis au milieu du terrain et il a dribblé tout le monde y compris le gardien… mais il avait trop poussé son ballon. Il est comme ça Jérémy ! »

Damiano : « Si tu continues, je te fais jouer arrière droit ! »

Le 22 janvier 2005, lors de la 22e journée de L1, le jeune milieu inscrit trois buts en sept minutes, devenant ainsi le plus jeune auteur d'un triplé (à 17 ans et demi) et l'auteur du coup de chapeau le plus rapide de l'histoire du championnat français. Adepte des coups d’éclat, Ménez, après trois saisons à l’AS Monaco, séduit Claudio Ranieri pour un contrat de 4 ans à l’AS Rome. Là encore, il est marqué à la culotte par le staff technique. Christian Damiano, l’adjoint, ne le lâche pas d'une semelle et va même parfois jusqu'à menacer le joueur : « Jérémy, si tu continues, je te fais jouer arrière droit ! » Menez prend l’avertissement au sérieux. Il explose lors de la saison 2010/2011.
Mais avec Vincenzo Montella, il perd son statut de titulaire. Et le 25 juillet 2011, il signe au PSG de Nasser Al-Khelaïfi et de QSI, le club de son cœur. Dès son arrivée, l’attaquant demande au staff de faire du rab sur le plan physique, à tel point que Kombouaré doit le calmer pour ne pas « griller » son milieu. Ménez finit la saison en trombe (7 buts, 12 passes décisives). Longtemps catalogué parmi les ego imprévisibles à gérer du PSG, aux côtés de Nene et Pastore, le Français parvient à devenir un rouage déterminant du collectif de la capitale. Dans le vestiaire, on le surnomme « Nanar », clin d’œil à l’acteur Bernard Menez. « Il vient des cités, il s’est fait dans la rue, décrypte Philippe Anziani, autre témoin de l’ère sochalienne. Il avait besoin d’être compris. » Une reconnaissance qui tombe à pic pour Laurent Blanc, à quelques jours de France-Angleterre.