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Où en est l'image des Bleus ?

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Si les joueurs de Laurent Blanc n’ont pas montré leur meilleure facette à l’Euro, la FFF et les sponsors s’accordent quelques jours avant de changer éventuellement de cap. Explications.

De Knysna à Kirsha, les Bleus ont-ils amélioré leur image auprès du public et des sponsors ? Quarante-huit heures après leur élimination en quart de finale de l’Euro 2012 face à l’Espagne (2-0), la question est posée. A ce jour, la réponse est encore floue. Si les Tricolores ont atteint l’objectif fixé par la Fédération française de football à savoir atteindre au moins le stade des quarts de finale, l’absence de combativité, leur état d’esprit nonchalant et les multiples dérapages et autres conflits qui ont marqué la fin de leur aventure en Ukraine, ont davantage marqué les esprits.
« Le staff sportif n'a pas pris la mesure des problèmes d'image de l'équipe de France, analyse Gilles Dumas, cofondateur de Sportlab, agence de marketing du sport. Il pensait que gagner suffisait. Mais cela manque de générosité, d'envie, d'amour, de partage. C'est une équipe qui pratique plus un sport individuel que collectif. »
Du côté de la FFF, on refuse pour l’instant de communiquer officiellement sur l’image des Bleus. Trop tôt. L’instance fédérale veut d’abord sonder le public qui devra répondre à cette question : « Etes-vous favorable ou non à l'image de l'équipe de France ? »

« Il n’y a qu’avec eux qu’il y a des problèmes »

Même mutisme du côté des sponsors. Les partenaires de l’équipe de France attendent de voir quelle direction compte prendre la FFF. Le nom du futur sélectionneur, voire la décision de prendre d’éventuelles sanctions à l’égard de certains joueurs (en particulier Nasri), pourraient avoir leur importance. « Mais je ne suis pas sûr qu’ils soient ravis, souligne Gilles Dumas. Peut-être que sans les lâcher, ils n'accepteront plus de payer aussi cher. » Sous couvert d’anonymat, un partenaire des Bleus lâche : « Tout se passe toujours super bien avec les Bleues et la Coupe de France. Il n’y a qu’avec eux qu’il y a des problèmes. »
Que faire, alors, pour redonner enfin une belle image à l’équipe de France ? Gilles Dumas fait un bond en arrière pour apporter un début de réponse : « N’oublions pas qu'on a gagné la Coupe du monde avec un monsieur qui s'appelait Aimé Jacquet. Et il avait choisi de se priver de Ginola et Cantona. Deux merveilleux joueurs mais qui apparaissaient, à l'époque, trop individualistes. » A méditer.

Aurélien Brossier avec Camille Gelpi