RMC Sport

Ramos fait le mur

Jesus Navas et Sergio Ramos

Jesus Navas et Sergio Ramos - -

Impeccable depuis le début de la compétition, Sergio Ramos sera une fois de plus le pilier de la défense espagnole contre l’Italie ce dimanche (20h45) pour la finale de l’Euro. L’Espagnol est prêt à relever le défi.

Il n’a que 26 ans et s’est déjà emparé du costume de patron. Il n’a certes pas le talent des Xavi, Iniesta ou Xabi Alonso, mais depuis le début de l'EuroSergio Ramos est l’un des hommes de base du système de Vicente Del Bosque. Toujours bien placé, présent au marquage, il forme avec Gerard Piqué une association née de la blessure de Carles Puyol qui suscitait beaucoup de doutes. D’un côté le Madrilène, de l’autre le Barcelonais. Et entre les deux, des clasicos tous aussi tendus les uns que les autres. Les deux hommes ont su mettre leur antagonisme de côté au service de l’équipe. Et les résultats suivent. Avec un seul but encaissé depuis le début de la compétition, l’Espagne est la meilleure défense de la compétition. 

D’abord déplacé dans l’axe droit de la défense par son entraîneur de club, José Mourinho, l’Andalou aux 91 sélections occupe désormais ce poste avec les champions du monde. Efficace de la tête, bon relanceur, il est sans doute le meilleur défenseur de la compétition. Et quand il s’agit de prendre ses responsabilités lors de la séance des tirs au but contre le Portugal, c’est d’une ‘panenka’ qu’il trompe Rui Patricio. « Je l'avais planifiée avant, je ne vais pas mentir, déclarait le joueur, élu homme du match, après la rencontre. Après ma dernière expérience des tirs au but avec le Real Madrid en Ligue des champions, les gens ont dit que je n'étais pas prêt à prendre la responsabilité de tirer des penalties. »

Au duel avec Balotelli

Cette dernière expérience, c’est une mine envoyée au-dessus du but de Manuel Neuer en demi-finales de la Ligue des champions contre le Bayern. « C'est vrai que ce tir au but manqué a un peu été une blessure d'orgueil, se souvient le Madrilène. Mais après ça, j'ai fait confiance à ce qui m'a toujours réussi dans ma carrière, à savoir essayer d'être quelqu'un qui se relève toujours après ses échecs. Ce penalty, je pense m'en souvenir longtemps. Mais là, il faut passer à autre chose : une finale nous attend dimanche. » Cette finale, c’est contre l’Italie, déjà rencontrée en phase de poule (1-1) qu’il va la disputer. Après trois titres de champion d’Espagne, un titre de champion d’Europe et une Coupe du monde sous le maillot de la sélection, il a l’occasion de réaliser un triplé inédit à seulement 26 ans.

L’idée d’entrer dans l’histoire du foot n’est d’ailleurs pas pour lui déplaire. « Personne n’a jamais remporté trois titres majeurs consécutifs, salive-t-il d’avance. Nous avons cette opportunité. Pour en arriver là, il a fallu beaucoup de travail de sacrifice, d’humilité. Mais quoi qu’il se passe dimanche, l’Espagne est déjà entrée dans l’histoire et ce n’est peut-être pas fini. » Pour finir de la plus belle des manières, c’est face à l’un des meilleurs buteurs de la compétition (3 buts) qu’il terminera son tournoi. Etincelant en demi-finales contre l’Allemagne, Mario Balotelli se dressera sur sa route. Lors du premier tour, Sergio Ramos avait répondu au défi physique imposé par l’attaquant italien, sans jamais céder. L’heure de la revanche a sonné.

Pierrick Taisne à Kiev