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Sirigu : « On a une équipe de malades ! »

Salvatore Sirigu

Salvatore Sirigu - -

Le portier du PSG, remplaçant en équipe d’Italie, savoure la qualification de son pays pour les demi-finales de l’Euro. La récompense du travail accompli pour un groupe de joueurs atypiques et bien décidés à aller au bout.

Salvatore, que ressentez-vous après cette qualification ?

C’est une émotion très forte. La dernière fois que j’ai vu des penalties avec l’équipe nationale, c’était au dernier Euro (défaite contre l’Espagne, ndlr). J’étais chez moi, en tant que supporter. Maintenant, je fais partie de ce groupe. C’est magnifique. On a beaucoup souffert pour obtenir cette victoire. Pendant 120 minutes, on a dominé le match. On a très bien joué. Malheureusement, on n’a pas réussi à marquer. Les penalties sont toujours un peu bizarres. Mais ça s’est bien fini pour nous.

Votre équipe a connu beaucoup de déboires avant le début de la compétition. Est-ce pour vous une revanche de vous retrouver en demi-finale ?

C’est quelque chose de très important pour nous. On a la possibilité de se qualifier en finale. Mais durant cette période, on n’a pas pensé à tous les problèmes qu’on a eu avant d’arriver en Ukraine. On s’est concentré sur notre jeu. On a essayé d’améliorer notre organisation tactique. Aujourd’hui, c’est le résultat de tout ce travail.

Comment abordez-vous ce match face à l’Allemagne, jeudi (20h45) à Varsovie ?

L’Allemagne a un petit avantage parce qu’ils auront deux jours de repos supplémentaires. Ils ont gagné assez facilement contre la Grèce (4-1). Nous, on a beaucoup souffert. On a joué 120 minutes. C’est toujours un peu plus compliqué physiquement. Mais on a quand même quatre jours pour bien travailler et nous reposer. Ça sera sûrement un match difficile aussi pour l’Allemagne. Après ces quarts de finale, l’Allemagne a un peu plus peur qu’avant de l’Italie.

Pourquoi faites-vous plus peur qu’avant ?

Parce qu’avant, on était une équipe qui jouait bien mais il y avait toujours quelque chose qui ne marchait pas bien. Arriver en demi-finale après un gros match contre l’Espagne (1-1) et une victoire contre l’Angleterre, ça veut dire que quelque chose de magique s’est créé dans cette équipe. Maintenant, toutes les équipes ont un plus grand respect pour l’Italie.

Il va vous falloir encore du temps pour prendre la place de Gianluigi Buffon…

Non, moi je n’arrête jamais un penalty ! (rires) Plus sérieusement, c’est déjà une grosse satisfaction d’être là. Je prends plaisir à vivre cette expérience tous les jours dans le vestiaire, sur le terrain. Au PSG, je dis toujours que tout le monde est important. En sélection, je ne joue pas mais je me sens important. Tous les 23 le sont. On veut arriver à faire quelque chose de bien pour toute la nation et tous les supporters. Dans un groupe comme ça, c’est encore plus beau.

Que vous inspirent les prestations d’Andrea Pirlo ?

Pour moi, il est génial. Je ne connais pas un joueur qui ne s’énerve jamais comme lui. Il a une tranquillité impressionnante. C’est un truc de fou. C’est un malade ! Quand tu joues avec lui, tu te rends vraiment compte qu’il peut faire la différence

L’Italie dans son ensemble ressemble à une équipe de malades…

Oui, on a vraiment une équipe de malades ! On a des joueurs qui ne sont pas normaux. C’est la vérité. Tout le monde sait qu’on a une équipe un peu bizarre. Mais on s’amuse beaucoup. On vit bien ensemble. On rigole toujours. On a la folie d’une grande équipe. Enfin, j’espère…

Propos recueillis par Loic Briley