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Ton équipe, tu n’abandonneras pas

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Les Bleus n’ont pas été beaucoup soutenus par leur public lors de cet Euro 2008. La Fédération française de football mais également les corps de supporters tricolores en sont les premiers responsables.

A première vue, difficile de leur jeter la pierre. Compte tenu du passage éclair réalisé par l’équipe de France lors de cet Euro, il serait très délicat, d’un certain point de vue, de reprocher aux supporters bleu blanc rouge leur manque d’enthousiasme envers leur sélection. Mais, alors que l’équipe de France jouait sa survie dans le groupe C après un nul bancal face à la Roumanie, c’est une véritable marée orange qui a attendu les Bleus au Stade de Suisse, à Berne pour l’un de leurs premiers matches couperets de l’épreuve, face aux Pays-Bas. Avec le score et les conséquences que l’on sait.

Sur les 30 000 places assises disponibles dans les travées du stade, 20 000 ont été acquises par les supporters néerlandais. De quoi se poser des questions sur les possibilités réelles qu’ont eu les aficionados des Bleus de venir jouer les treizièmes hommes. Jean-Claude Darmon, ancien grand argentier du football français et premier supporter des joueurs frappés du coq, a son avis sur la question. « J’ai eu l’impression là, dans ce match, que les places ont été données en priorité aux Hollandais. Pourtant, il y autant de supporters français qu’hollandais. J’ai vu à l’extérieur du stade beaucoup de Français demander des places. Ce n’est pas possible tout de même, il y avait un délai de trois jours avant chaque match. Je pense qu’il y a eu un dysfonctionnement dans la mise en place et dans la vente des tickets de match, probablement de la part de l’UEFA».

Un problème de mentalité ?

Un dysfonctionnement ? Il n’en faut pas plus pour faire bondir quelques personnalités de la FFF, préoccupées, forcément, par l’avenir de Raymond Domenech à la tête de la sélection. Joint par téléphone, le président de l’instance dirigeante du ballon rond tricolore, Jean-Pierre Escalettes, a rapidement éludé le problème, arguant « qu’il n’y avait pas eu de soucis à ce niveau-là ». Une source anonyme et non officielle de la fédération va même plus loin. Selon elle, cette énigme concernant l’absence d’un mouvement massif de supporters français vers la Suisse n’est en réalité que la faute de ces derniers. « L’UEFA, dès la phase de qualifications, avait mis en place la vente des billets. Mais nous n’avons pas la même mentalité que les Anglo-Saxons ou les Germaniques. Déjà, lors du Mondial 2006, nous avions eu ce genre de critiques. Les supporters des autres pays n’attendent pas la fin des qualifications pour acheter leurs billets. Ils le font dès qu’ils le peuvent, pas les nôtres ».

Certes, mais aujourd’hui, la dissolution du Club France (2002) n’a pas non plus arrangé les choses. Il manque un collectif fort, sans porter injure aux autres associations de supporters, pour représenter le maillot tricolore lors des grandes compétitions. La FFF a bien tenté d’aider ces derniers, à hauteur de dix places par associations. Louable mais insuffisant lorsque certains groupuscules comptent une trentaine de membres. Heureusement pour le football français, ce manque de soutien évident n’a pas vraiment eu le temps de s’afficher en grand sur les pelouses suisses de l’Euro 2008. Mais suffisamment pour qu’un point d’interrogation se forme au-dessus des têtes des instances dirigeantes et des supporters français. Officiellement, près de 6000 places ont été allouées aux fans des Bleus par match de l’équipe de France. Malgré une certaine présence des supporters face aux Roumains et aux Italiens, on a beaucoup de mal à croire qu’elles se sont bien toutes vendues.

La rédaction - Alix Dulac