RMC Sport

Visite de l’hôtel des Bleus

-

- - -

Pendant l'Euro, les footballeurs français seront logés dans un 5 étoiles en Suisse. Entièrement réservé pour les Bleus, ce palace répond aux priorités de Raymond Domenech : l'isolement et la quiétude. Visite guidée, en images et en sons.

Mercredi 4 juin, les Bleus ont posé leurs valises au Mirador-Kempinski, un hôtel 5 étoiles situé dans les hauteurs de Vevey en Suisse. Pour la première fois entièrement privatisé, le palace est situé à 85 km de Genève, entre Lausanne et Montreux, au bord du lac Léman.
Et comme l’explique Florent Malouda, « Quand l’équipe de France se déplace, c’est quand même quelque chose… Il y a beaucoup de malles, de valises, de sacs… C’est la grosse artillerie. Mais le staff fait en sorte que pour nous ce soit le plus simple possible, qu’on ait le moins de choses à gérer, pour qu’on soit vraiment concentrés sur notre performance. C’est vrai que quand une équipe nationale se déplace pour une grosse compétition comme celle-là, ça déménage ! ».

Luxe, calme et volupté…
A 5 jours de leur premier match de l’Euro contre la Roumanie, les français découvrent les lieux. A l’entrée des chambres, des chaussons blancs marqués au fil d'argent du sceau de l'hôtel. Pour chacune, un balcon privatif donne sur le lac Léman. La salle de bains existe en version XXL et jacuzzi. D’épais rideaux aux teintes pastel cachent des écrans plasma.
Outre la piscine couverte, le solarium et le hammam, l’hôtel offre aussi un centre de musculation complet. Les Bleus n'auront rien à amener.
Côté cuisine, le chef des Bleus passera aux fourneaux tandis que le salon de coiffure de l'hôtel prendra lui des airs de cabinet médical.

Visite guidée avec Tania Winter, directrice marketing de l'établissement : « Ce sont des chambres de 24 mètres carrés, toutes avec balcon et vue sur le lac. Elles ont tous les équipements demandés dans un 5 étoiles : ligne internet haut débit, minibar, presse pantalon, coffre fort…
Voici l’une de nos suites présidentielles, qui fait presque 200 mètres carrés. Nos chambres sont toutes rénovées, avec des couleurs très chaudes. C’est un mélange entre du classique et du moderne. Il y a des écrans plasma un peu partout. La vue donne sur les Alpes françaises, le Valet, la Vallée du Rhône un peu plus loin, le lac Léman, et plus bas le vignoble du Lavaux.
Au niveau de la terrasse, il y a, quand on sort de la piscine, un accès direct sur le solarium. Ce qui est très agréable, c’est de nager le soir, avec le couché de soleil dans le fond. Il y a là aussi une belle vue, reposante, sur les montagnes, et un joli dôme en verre qui permet de voir l’extérieur. On est au calme, en pleine nature ; vous entendez d’ailleurs les oiseaux qui sifflent. »

Au Mirador Kempinski, tout est estampillé 5 étoiles. Le cadre aussi. Pour plus de sécurité, une seule route mène à l’hôtel, qui, accroché à la montagne, s’étend sur un immense parc de 20 000 mètres carrés. Seule « ombre au tableau » – qui pourrait fâcher les lève-tard, le cri du coq au matin.

Seuls au monde, ou presque…
Les Bleus seront les seuls clients de l’hôtel pendant tout leur parcours dans la compétition. Enfin, presque les seuls. Parmi les 74 chambres réservées par la Fédération Française de Foot pour l’équipe de France, il pourrait bien y avoir une exception. Une femme de 87 ans, habituée de l’hôtel, a en effet obtenu le droit d'y faire quelques passages.
Ce choix de l'isolement, Raymond Domenech l'assume, c'est pour lui la base de la réussite : « J’ai une certitude, c’est que le mélange médias, publics, femmes de joueurs, tout ce qui vient autour… perturbe l’équilibre d’une équipe. J’ai un exemple précis : 2002 en Corée, c’est du vécu. C’est pas de gaîté de cœur, parce que bien sûr ce serait plus sympa d’accueillir tout le monde, de faire des barbecues tous les soirs, de laisser monter les journalistes dans les chambres pour faire les interviews… ce serait parfait, tout le monde serait content, sauf que l’on n’aurait pas de résultat. Mais j’ai fait un choix : déplaire de temps en temps pour plaire à la fin. »

Côté service, rien ne change, même si, comme l’explique Eric Favre, le directeur de l'Hôtel Le Mirador Kempiski, « avec les joueurs c’est un peu particulier, ce sont des stars, d’autant plus que 50% de notre personnel est français. Donc le mot d’ordre, c’est : respecter leur intimité, éviter les contacts, faire le service hôtelier, sans aller plus loin. »

Juliette VINCENT, avec Edward JAY