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Bordeaux-Benfica : Diabaté, un Cheick avec provisions

Cheick Diabaté

Cheick Diabaté - -

Pour éliminer ce jeudi (21h05) le Benfica Lisbonne, vainqueur à l’aller (1-0) dans ce 8e de finale de la Ligue Europa, Bordeaux peut compter sur Cheick Diabaté, son attaquant malien. Un joueur atypique, mais qui fait parler son efficacité.

Il fait partie d’une race de joueurs quasi en voie de disparition. Des attaquants grands, physiques, parfaits appuis, mais à la technique brinquebalante. Des attaquants qu’on aime railler, têtes de Turc idéales pour leur maîtrise imparfaite du cuir, mais dont le rendement et l’influence racontent souvent une autre histoire. Les « Brandao », pour caricaturer. A bientôt 25 ans (le 25 avril), Cheick Diabaté fait partie de cette catégorie. Avec son attitude parfois nonchalante, ses gestes lents et saccadés, sa technique par moments indigne du le haut niveau, l’international malien des Girondins de Bordeaux voit souvent son 1,94 mètre moqué par son propre public.

Mais les faits sont là, marqués du sceau de l’efficacité : 7 buts toutes compétitions confondues cette saison, meilleur total du club à égalité avec Obraniak (suite au départ de Gouffran, qui en était à 12). Le tout en 22 apparitions, dont seulement 10 titularisations. Avec, souvent, des buts qui « comptent », dont celui de la qualification face à Kiev en 16e de finale de la Ligue Europa. Profil atypique, donc, mais célébré par ses coéquipiers. « Quand il est devant, c’est un joueur sur lequel on peut s’appuyer facilement, avec notamment un très bon jeu de tête, explique Fahid Ben Khalfallah. Alors, oui, ce n’est pas le plus beau à voir jouer. Mais il est efficace. »

Carrasso : « Avec lui, tu peux déséquilibrer un bloc »

Et Cédric Carrasso d’appuyer : « Il apporte une variété qu’on voit de moins en moins : le joueur d’appui. Il n’y en a pas des millions aujourd’hui, le foot se joue plus sur l’explosivité, la vitesse. Ce qu’il nous apporte est important et nous sert dans les matches difficiles. On a besoin de lui. Avec lui, tu arrives à aller chercher plus vite vers l’avant, tu apportes le danger plus vite et tu peux déséquilibrer un bloc. » Un constat partagé par le reste du vestiaire. « Il est long et il fait ‘‘chier’’ les défenseurs adverses, indique Grégory Sertic. C’est un grand gabarit, il garde les ballons et c’est vrai que ça nous manquait un peu. Il nous fait du bien. »

L’intéressé, lui, préfère parler travail et humilité, saupoudrés de confiance en soi et de sagesse. Celle d’un homme qui sait gérer les critiques. « J’essaye d’apporter quelque chose avec ma présence physique, confirme Diabaté. J’ai envie de devenir un grand joueur. Dans la vie, il y a des moments difficiles. Mais quoi qu’il arrive, il ne faut jamais baisser les bras. Il faut continuer à travailler et à prendre du plaisir. J’aime trop le foot : que ça aille ou pas, je ne lâche jamais. » Les défenseurs de Benfica devraient avoir l’occasion de s’en apercevoir ce jeudi en l’absence de Diego Rolan, blessé, dans un 8e de finale retour de la Ligue Europa où Bordeaux et Diabaté espèrent remonter leur retard (1-0). « Ils ne m’ont pas vu à l’aller, s’amuse le natif de Bamako arrivé en France (au centre des Girondins) à 18 ans. Ils vont se dire : ‘‘C’est qui le grand là ? Qu’est-ce qu’il fait là ?’’. Eh bien je vais leur montrer ce que je fais sur le terrain. (Rires.) Si on joue ensemble et que chacun essaye d’apporter quelque chose, ça peut passer. »

A. H. avec Olivier Schwarz