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Foot féminin: Djibouti cherche joueuses

Sarah M'Barek

Sarah M'Barek - ICON

Confrontée à un manque de candidates dans son pays, la sélectionneure de Djibouti, Sarah M'Barek, tente comme elle peut d'apporter de nouvelles internationales à son équipe. Et tous les moyens sont bons.

Elle a eu beau chercher un peu partout, mais le banc de touche de la sélection féminine de Djibouti peine désespérément à se remplir. La nouvelle sélectionneure djiboutienne, Sarah M’Barek, venue de France tenter l’aventure en septembre dernier, se retrouve face aux limites de la discipline dans le pays. Son vivier se compose de 25 joueuses internationales maximum. Insuffisant pour le haut niveau.

Son problème: à Djibouti, à l’exception de la capitale, les possibles clubs fournisseurs de joueuses ne sont pas légion. "C’est un changement de monde, c’était un peu le système D au début, se souvient-elle. J’ai eu des petits coups de moins bien, où je me disais: "Il faut que je m’accroche". Car au départ, je devais tout gérer (administratif et sportif), jusqu’à la nomination d’un Français comme nouveau directeur technique national."

Une joueuse française potentiellement sélectionnable

Manque de vivier, et manque de joueuses d’expérience. Avec une moyenne d’âge de 21 ans, l’ancienne technicienne guingampaise ne dispose pas de "joueuses disponibles qui connaissent le haut niveau, capables d’aider à gérer le groupe sur et en dehors du terrain. Il y a beaucoup de méconnaissance et de naïveté". D’où cet appel à la mobilisation sur Twitter, pour trouver de nouvelles internationales en dehors des frontières. "On a besoin des joueuses capables d’encadrer ces jeunes à des postes clés, après je ne vais pas faire la difficile (sourire)."

Son souhait : trouver une joueuse par ligne grâce à cet appel sur les réseaux sociaux. Un contact a déjà été établi avec une Française, Isabelle Lommelais (33 ans), passée par Angers et la Roche-sur-Yon (avec six matchs en Division 1). Née à Djibouti, elle pourrait bénéficier de la double-nationalité ("On va voir si c’est possible de la naturaliser, on est en contact fréquemment"), sur le modèle de la sélection masculine où son homologue, le Français Julien Mette, a réussi à trouver un joueur en Belgique. L’ancienne coach héraultaise espère trouver de potentielles internationales résidant par exemple pour les études au Canada, au Maroc ou en Turquie.

Le grand objectif : la Coupe d’Afrique des nations en 2020

Il y a quelques semaines, Sarah M’Barek et ses joueuses ont participé à la CECAFA, une Coupe d’Afrique centrale et d’Afrique de l’est. Avec un résultat décevant, Djibouti n'a pas existé avec trois lourdes défaites. "C’était une compétition beaucoup trop difficile pour nous. Il y avait trop d’écarts avec des nations comme l’Ouganda (vainqueur de l’édition). On a tiré un bilan et fixé de nouveaux objectifs pour un nouveau projet."

Ce nouveau challenge: essayer de qualifier Djibouti (sans classement FIFA) pour une Coupe d’Afrique des nations dont la prochaine édition se tiendra à la fin de l’année. Premier tour de qualification en avril, face à l’Ethiopie (match aller-retour) : "Cela nous laisse deux mois pour développer le groupe. Les joueuses déjà présentes progressent vite, elles sont techniques, vives et ont de petits gabarits qui me font penser au football espagnol. Il y a un vrai potentiel à cinq, six ans." Et pourquoi pas faire venir de nouvelles internationales lors du stage prévu en février à Djibouti, ou d’un potentiel match amical en mars.

Anthony RECH