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USA-Espagne: Rapinoe, Morgan... ces stars américaines qui s’opposent à Trump

Alors que les Etats-Unis visent une place en quart de finale de la Coupe du monde contre la France, ce lundi (18h) face à l'Espagne à Reims, certaines joueuses majeures du Team USA s'illustrent sur et hors des terrains par leurs combats politiques. Dans leur viseur, le président américain Donald Trump.

Ce lundi, peu avant 18h, vous ne verrez pas Megan Rapinoe chanter "The Star-Spangled Banner", l’hymne américain, avant le coup d’envoi du huitième de finale de Coupe du monde entre les Etats-Unis et l’Espagne. Sur la pelouse du stade Auguste-Delaune, à Reims, l’attaquante aux 155 sélections se taira en signe de protestation à son président Donald Trump. 

"Une sorte de 'fuck you' adressé au gouvernement"

"Je ne mettrai probablement plus jamais ma main sur le cœur, confiait-elle il y a quelques semaines à Yahoo Sports. Je ne chanterai probablement plus jamais l’hymne national. C’est une sorte de 'fuck you' adressé au gouvernement." Au sein de la sélection US, la joueuse passée par l’Olympique Lyonnais (2013-2014) n’est pas la seule à exprimer publiquement son profond désaccord avec la politique du président américain.

Elles veulent boycotter la Maison Blanche

Alex Morgan, buteuse du Team USA et, elle aussi, ex-Lyonnaise, a d’ores-et-déjà annoncé qu’elle ne se rendrait pas à la Maison Blanche si Donald Trump invitait son équipe en cas de triomphe des Etats-Unis au Mondial. "Je ne suis pas favorable à beaucoup de choses que l'administration actuelle défend, explique la capitaine américaine. Il y a un discours qu'on a entendu des centaines de fois à propos des sportifs qui est: 'Limitez-vous au sport!', mais on est bien plus que ça, OK?"

Megan Rapinoe est prête, elle aussi, à boycotter ce rendez-vous à Washington. "Je n'irai pas, je ne vais pas faire des courbettes devant le président qui, clairement, est contre tout ce en quoi je crois", souffle-t-elle au magazine Sports Illustrated.

Immigration, lutte contre les inégalités filles-garçons...

Les combats sont multiples. Alex Morgan a fait part de son indignation sur la politique d’immigration de Donald Trump à la frontière mexicaine, et notamment sur la séparation des familles, rappelant que celle de son compagnon, Servando Carrasco, coéquipier de Zlatan Ibrahimovic au Los Angeles Galaxy, vient du Mexique. Depuis 2016, elle est aussi à la porte parole du mouvement pour l’égalité des salaires et des conditions de travail alors que le soccer féminin génère davantage de ressources financières que les garçons outre-Atlantique. Suivie par Carli Lloyd, Megan Rapinoe, Becky Sauerbrunn et Hope Solo, elle s’oppose surtout à sa Fédération. Mais il ne lui aura pas échappé que Donald Trump a botté en touche lorsqu’une question sur une éventuelle égalité des salaires lui a été récemment posée. "On en parlera plus tard", a indiqué le président...

Rapinoe un genou à terre comme Kaepernick

Si Alex Morgan est en première ligne, Megan Rapinoe est la plus exposée. A 33 ans, la joueuse homosexuelle qui partage la vie de l'ancienne star du basket Sue Bird (elle a fait son coming out avant le JO 2012) est une grande militante et une figure du mouvement LGBT. Elle n’a pas attendu le Mondial pour protester contre son président. Il y a deux ans, avant un match contre Chicago, l'attaquante de Seattle a posé un genou à terre durant l’hymne américain en signe de soutien à Colin Kaepernick, le joueur de foot américain en NFL qui avait protesté contre les violences policières faites contre les noirs américains.

Rapineo en 2016 pendant l'hymne américain
Rapineo en 2016 pendant l'hymne américain © AFP

Un geste fort qui n’est pas passé inaperçu. Les électeurs de Donald Trump l'ont dézingué sur les réseaux sociaux. Elle a été conspuée dans certains stades et son geste est particulièrement mal passé au sein de la Fédération américaine. Elle a même perdu sa place en équipe des Etats-Unis pendant plusieurs mois. Officiellement, en raison de sa méforme après son opération d'un genou après les JO 2016 de Rio.

"Sexiste", "misogyne", "mesquin", "raciste"...

"En tant qu’homosexuelle américaine, je sais très bien ce que signifie regarder le drapeau et ne pas avoir le sentiment qu’il protège toutes vos libertés." Rapinoe l’a mauvaise. Elle n’a pas de mot assez durs pour qualifier Donald Trump: "sexiste", "misogyne", "mesquin", "raciste", "mauvaise personnes". Des prises de position tranchées et des sorties médiatiques qui ne plaisent pas toujours à sa maman, Denise, laquelle a peur qu’elles nuisent à sa vie ou à sa carrière. "Elle me dit souvent: 'Pourquoi faut-il toujours que ce soit toi en première ligne?'" Réponse de Megan Rapinoe: "J'ai une 'grande gueule' et je vis très bien avec."

Aurélien Brossier