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FFF: des accusations de harcèlement et de sexisme au sein de la fédération

Une enquête du New York Times pointe des accusations de harcèlement moral, de management toxique, de sexisme et d'autres comportements inappropriés au sein de la Fédération française de football.

Le New York Times décrit un environnement de travail délétère depuis au moins deux ans. Le quotidien américain a publié ce mercredi une enquête pointant de sérieux dysfonctionnements au sein de la Fédération française de football, au sein de laquelle au moins une demi-douzaine de salariés actuels ou anciens déplorent du harcèlement moral, des méthodes de management éprouvantes, ainsi que des comportements inappropriés et sexistes. Des femmes affirment notamment être victimes de propos à connotation sexuelle et de commentaires sur leur apparence.

Des témoignages mettent par ailleurs en lumière une plainte contre le directeur financier de la FFF, pour une attitude inappropriée envers une salariée lors d'une fête à Moscou pendant la Coupe du monde 2018. Une enquête de police et une investigation interne avaient permis d'écarter les soupçons de harcèlement sexuel.

L'intéressé avait toutefois été averti pour son langage déplacé, entre autres. Il est aussi question d'un incident survenu quelques années auparavant lors d'un séminaire à Clairefontaine, au cours duquel des employés seraient entrés dans la chambre d'une de leurs collègues sans sa permission.

Une culture d'entreprise toxique est également dénoncée au siège de la fédération, situé boulevard de Grenelle à Paris. Plusieurs personnes auraient notamment fait part au président Noël Le Graët de la détérioration de leur santé mentale et de leur perte de confiance. La directrice générale Florence Hardouin est directement mise en cause par l'article. Son nom avait déjà été épinglé par d'autres médias au cours des derniers mois.

"C'est faux et absurde"

Le New York Times explique qu'un expert issu d'un cabinet de conseil externe a été appelé pour tenter de remettre de l'ordre. Critiqué pour son manque d'action par les témoins, Noël Le Graët aurait écrit dans un mail adressé aux salariés avoir "pris connaissance de dysfonctionnements et de tensions dans les relations de travail au sein de l'équipe de direction". "Je ne veux pas que cette situation s'éternise", leur a-t-il aussi indiqué.

Interrogé par le journal américain, le président de 78 ans clame cependant, par la voix d'un porte-parole de la FFF, qu'il n'y a "pas de guerre civile" au sein de la fédération. "C'est faux, absurde et ce sont des fake news", a-t-il aussi fait savoir, tout en apportant son soutien à Florence Hardouin.

Julien Absalon