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Jouanno : « Il y a encore du chemin… »

Chantal Jouanno

Chantal Jouanno - -

Pour la ministre des Sports, le football français a encore besoin de temps et d’efforts pour sortir de la crise profonde dans laquelle il s’était enfoncé.

Chantal Jouanno, l’élection de Noël Le Graët à la présidence de la FFF est-elle une bonne chose pour le football français ?

C’est toujours une bonne chose lorsqu’on met un terme à une période transitoire. C’est difficile dans ces moments-là de prendre une décision. Ça a été une élection démocratique, qui a validé l’ensemble de la réforme qui a été menée. Noël Le Graët est un homme qui vient du sérail. Normalement, sur la courte période qu’il aura, il doit pouvoir poursuivre les réformes. Dans les Etats Généraux, il y avait d’autres sujets que la gouvernance.

Pensez-vous que le football français a changé depuis la crise de Knysna il y a un an ?

L’équipe de France a l’air plus carrée, en tout cas mieux dirigée. Mais il faut du temps. Ce qu’a révélé Knysna, globalement, c’est une forme de démission de la FFF et une faiblesse de l’encadrement. Aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’on est dans une situation radicalement différente et nouvelle. Il y a encore du chemin. Il faut laisser sa chance à l’équipe de France actuelle ave un sélectionneur, Laurent Blanc, qui est très ferme sur les valeurs. Et une Fédération qui a maintenant une structure hiérarchique forte, qui doit prendre des décisions et éviter de laisser les problèmes de côté. Structurellement, on est un peu mieux.

Comment analysez-vous l’investissement qatari dans le capital du Paris Saint-Germain ?

Quand Colony Capital est venu sauver le PSG, on était bien content et on ne s’est pas tellement interrogé sur l’origine des fonds. On n’a pas le droit non plus de critiquer le fait que ce soit des Qataris. Il n’y a pas de raison de les condamner a priori. On aurait préféré que ce soit des fonds français. Le plus important, c’est que les Qataris respectent les valeurs du PSG et l’action de Robin Leproux pour pacifier les tribunes, pour retrouver un foot familial et pour lutter contre les discriminations. L’image du foot ne sera pas écornée par l’origine des fonds. En revanche, elle le serait si on renonce au projet du club, aux valeurs ou si les responsables de ces fonds demandent au PSG de faire de l’argent ou du spectacle et pas du sport.