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Kerr : « Chaque joueur français est un problème pour nous ! »

Le coach irlandais des Îles Féroé compte sur ses 11 charpentiers, comptables, professeurs et étudiants pour contrarier l'éqyipe de France.

Le coach irlandais des Îles Féroé compte sur ses 11 charpentiers, comptables, professeurs et étudiants pour contrarier l'éqyipe de France. - -

Il n’est guère convaincu par la qualité des terrains d’entrainement en Bretagne, mais il n’en fait pas tout un plat. Le souriant sélectionneur (irlandais) des Iles Féroé attend le match contre la France avec gourmandise, car il croit dur comme fer en ses joueurs.

Brian, êtes-vous satisfait des conditions et de l’accueil en Bretagne ?
Oui, tout va bien. C’est vrai, les terrains ne sont pas vraiment aux standards internationaux pour ce qui est de l’entrainement, mais nous sommes contents d’être ici, d’autant que nous sommes arrivés tôt et que nous avons du temps pour préparer ce match.

Un match difficile en perspective…
Bien sûr que ce sera difficile ! Les Français ont une superbe équipe, une qualité de joueurs incroyable, avec des vedettes qui jouent au top-niveau en Europe. Ce n’est bien sûr pas le cas de notre équipe… Mais nous possédons nous aussi des qualités. Nous avons bien joué lors des dernières rencontres, avec de la détermination et de l’ambition. Le moral est bon. Même si, pour les Féroïens, ce match est considéré comme le plus difficile de tous, et pour les Français, sans doute comme le plus facile. L’écart est énorme entre les deux sélections. Mes joueurs ne jouent au foot qu’à mi-temps, la plupart ont un travail, il y a des professeurs, des charpentiers, des étudiants, des comptables… Seuls deux d’entre eux sont vraiment professionnels. Donc le niveau est totalement différent. Sur le papier, la France est trop forte pour nous. Mais dans le football, il y a parfois des coups de tonnerre, et si nous parvenions à faire un résultat ici, ce serait l’un des plus gros de l’histoire, on en est bien conscient.

Raymond Domenech ne cache pas que l’objectif est d’inscrire beaucoup de buts samedi…
Je ne crois pas que cela changera grand-chose à l’affaire. Pour se qualifier directement, les Français doivent prendre six points et espérer deux faux-pas de la Serbie. Au moment où l’on parle, c’est très improbable, car les Serbes ont été très consistants jusqu’à présent. Cela s’annonce très compliqué pour les Français. Mais s’ils terminent deuxièmes, je peux vous assurer que personne ne voudra tomber sur la France en barrages. Ils veulent marquer beaucoup de buts ? Notre mission est de faire en sorte que ce ne soit pas le cas. On saisira toutes les occasions. On a fait de gros progrès lors des derniers matchs, on a inscrit des buts, on en a peu encaissé. Mais bon, c’est différent maintenant. Terminer sur deux matchs en France et en Roumanie, ce sont les deux défis les plus difficiles à relever pour nous.

Ribéry et Gourcuff sont absents. Cela change-t-il quelque chose ?
(Hilare) Non, je ne crois pas ! A l’aller, Henry n’était pas là, et le brillant (sic) Benzema était resté sur le banc. Je ne crois pas qu’ils soient à court de joueurs. D’ailleurs, s’il y a des joueurs dont ils ne veulent pas, qu’ils nous les prêtent, on les accueillera avec plaisir ! Non, ce n’est pas un problème. Ils ont tant de joueurs de haut niveau technique, qui jouent dans les meilleurs championnats... Chaque joueur français est un problème pour nous ! Mais il faut aussi avoir confiance en nos qualités, elles existent. Nos jeunes, en particulier, progressent, ils attendent juste l’occasion de jouer à un niveau plus élevé. Ils peuvent aller loin. Ils ont un vrai potentiel, et une grande détermination pour évoluer à l’étranger. Les clubs devraient les regarder avec plus d’attention.

Vous allez jouer dans un petit stade. Est-ce mieux que le Stade de France pour vous ?
(Catégorique) Non. Le stade de Guingamp sera plein, et l’ambiance sera fantastique. Le seul avantage pour nous serait de jouer dans un stade vide. Sans public, sans pression… Mais les joueurs ont déjà l’habitude des grands stades. Ils avaient connu Nantes la dernière fois, ils avaient bien joué malgré le 3-0 final. Le dernier match, nous l’avions joué en Autriche, à Graz, c’était un peu la même atmosphère, le même stade, 18 000 personnes. Et on avait perdu. Donc les éléments ne sont pas avec nous (rires)…

La rédaction - Marc Benoist et Pierre-Yves Leroux