RMC Sport

La FIFPro voudrait limiter le nombre de matchs consécutifs des footballeurs

Dans un rapport publié ce mardi, la FIFPro, syndicat mondial des footballeurs professionnels, dénonce les cadences infernales des joueurs depuis quelques années. Et elle voudrait les protéger en instaurant une limite de matchs disputables au cours d'une période restreinte.

La Ligue des nations, la Ligue Europa Conference, la nouvelle Coupe du monde des clubs, le projet de Mondial tous les deux ans... Voilà plusieurs années que les différentes instances dirigeantes du football se sont lancées dans une refonte du calendrier, avec un objectif clair: proposer au public toujours plus de matchs et de compétitions. Sauf que les joueurs, eux, tirent la langue.

Dans un rapport publié ce mardi, la FIFPro, syndicat mondial des footballeurs professionnels, dénonce les cadences infernales des acteurs du jeu. Citant plusieurs exemples extrêmes, tels que Bruno Fernandes (Man United, Portugal) ou Frenkie de Jong (Barça, Pays-Bas), le rapport montre que certains joueurs disputent 80% de leurs rencontres à un rythme effréné de deux matchs par semaine.

Un plafond pour protéger les joueurs ?

"Ce que nous constatons avec ces chiffres élevés sur la charge de travail, à travers plusieurs indicateurs, c'est que cela n'est pas tenable pour le joueur mais aussi pour le jeu et les compétitions, a expliqué en marge de la présentation du rapport Jonas Baer-Hoffmann, secrétaire général de la FIFPro. La question est de savoir comment réglementer intelligemment cela. Le rapport ne propose pas de solutions, mais suppose qu'un coaching intelligent serait efficace. Sauf que la pression est trop élevée sur tout le monde pour s'autoréguler..."

C'est pourquoi, selon The Athletic, le syndicat aimerait limiter le nombre de matchs jouables consécutivement par un même footballeur sans sortir de la "zone critique", cette période où le joueur n'a jamais plus de cinq jours de repos de suite.

En clair, l'idée serait de fixer un plafond, semble-t-il à cinq rencontres. Le joueur pourrait ainsi jouer le samedi, puis le mardi suivant, puis le samedi, puis le mardi, puis le samedi, mais devrait obligatoirement être laissé au repos pour la sixième rencontre. Sauf si celle-ci était programmée une semaine plus tard, dans quel cas le joueur aurait enfin ses cinq jours de repos, synonymes de compteur remis à zéro.

"Le problème, c'est l'accumulation, ajoute Baer-Hoffmann. Tu enchaînes, tu enchaînes, tu enchaînes. Le risque de blessure à un certain stade augmente de façon exponentielle. C'est pourquoi vous devez trouver un équilibre. Bien sûr, vous pouvez jouer un week-end, un milieu de semaine, puis un week-end. Mais que se passe-t-il la semaine d'après? Pouvez-vous refaire la même chose encore et encore? C'est là que vous atteignez un rythme insoutenable. (...) Nous savons à partir d'études que le risque de blessure est plus élevé lors d'un match joué après moins de cinq jours de repos. Nous essayons de protéger les joueurs d'élite. Les performances diminuent sans aucun doute au fur et à mesure que la saison avance. Les joueurs sont tout simplement incapables de maintenir leur rythme..."

Reste que cette "limite" de matchs consécutifs n'est pour le moment qu'une idée, qui devrait être validée par les instances et les clubs. Ce qui n'est évidemment pas gagné...

C.C.