RMC Sport

Guilavogui : « Un petit pincement au cœur »

Josuha Guilavogui

Josuha Guilavogui - -

Ecarté de la liste des Bleus pour affronter l’Ukraine en barrages pour le Mondial 2014, l’ex-Stéphanois Josuha Guilavogui, aujourd’hui à l'Atlético Madrid, ne s’en étonne pas. Mais compte bien se battre pour regagner sa place.

Après seulement 4 minutes de jeu depuis le début de la saison sous vos nouvelles couleurs, peut-on dire que vous avez enfin lancé hier soir votre saison (contre l'Austria Vienne en Ligue des champions) ?

Oui, j’ai vraiment débuté avec l’Atlético, en jouant 35 minutes, et je suis plutôt satisfait de ma rentrée. J’ai réappris l’humilité après mon arrivée ici (en toute fin de estival, ndlr). Je n’ai pas été souvent dans le groupe et lorsque j’y étais, je ne rentrais pas. C’était long, c’est vrai, mais comme l’entraineur l’a dit, si je veux avoir du temps de jeu, il faudra que je donne déjà tout à l’entrainement parce que les joueurs qui sont au milieu du terrain font un boulot énorme. A moi de me mettre au diapason comme j’ai pu le dire il y a quelques semaines, et c’est ce que je fais.

Qu'avez-vous pensé de votre prestation ?

Lorsque vous jouez peu, comme c’est le cas pour moi, il faut jouer simple et faire ce que l’on sait faire. Cela me rappelle mes premiers matchs avec l’équipe de France. Il faut être très appliqué et respecter les consignes. C’est ce que j’ai essayé de faire dans ce match. Le public m’a applaudi par deux fois, c’est bien pour moi qui suis arrivé ici sur la pointe des pieds et qui dois me battre pour gagner du temps de jeu. C‘est un beau défi pour moi.

Comment expliquez-vous ce faible temps de jeu ?

Avec du recul, je me dis que si je n’ai pas beaucoup joué également, c’est parce que j’ai eu une préparation tronquée après la tournée des Bleus en Amérique du Sud, en fin de saison dernière. Et il y a eu aussi le stress d’un premier transfert… Vous savez, pour un jeune joueur, ce n’est pas rien. D’autant plus dans une équipe où l’effectif n’a pas énormément bougé et l’entraineur vous fait beaucoup travailler physiquement.

Globalement, comment s'est déroulée votre adaptation en Espagne ?

Ce n’était facile de débarquer dans un nouveau pays, j’ai dû apprendre une autre langue, m’adapter à une culture qui n’est pas la mienne, mais aussi à une nouvelle philosophie de jeu. Petit à petit, cela se met en place et c’est une bonne chose pour moi.

Quelles sont les différences notables entre la Ligue 1 et la Liga ?

Parler du niveau de la Liga par rapport à la Ligue 1, c’est compliqué pour moi parce que je ne joue pas. Donc ce serait plus avec un œil de spectateur pour l’instant. Je vous répondrai lorsque je serai devenu acteur de ce championnat. Ce que je peux dire, c’est que cette équipe est impressionnante. Je suis marqué par l’intensité et l’engagement des séances d’entrainement. En France, nous n’avons pas la même culture de travail. Que ce soit en milieu de semaine ou à la veille du match, l’intensité de travail est la même ici. C’est d’ailleurs pour cela qu’après, nous sommes aussi bien sur le terrain.

Vous ne faites pas partie de la liste de Deschamps affronter l'Ukraine en barrages. On vous imagine déçu

Vous savez, lorsque vous avez côtoyé le groupe France -parce que je n’ai pas la prétention de dire que j’en suis un titulaire indiscutable- vous avez forcément envie d’y retourner. Lorsque vous regardez les matches, il y a toujours ce petit pincement au cœur si vous n’y êtes pas. Mais ça vous amène à travailler d’autant plus pour y retourner. Cela passera par de bonnes performances avec mon club. A moi donc de travailler.

Un dernier mot sur la Ballon d'or : qui souhaitez-vous voir l'emporter ?

Je ne fais pas partie du jury pour le Ballon d’or, mais avec la saison de Franck Ribéry au Bayern, il le mérite. Sans être chauvin, mais sa saison et ses titres font de lui un candidat légitime. Maintenant, c’est vrai que face à lui, il y a deux extraterrestres (Ronaldo et Messi, ndlr). Mais je suis sûr qu’il a sa chance et j’ai un petit penchant pour Ribéry.

Recueilli par F.H. à Madrid