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Real Madrid: qu’est-ce qui cloche chez les Merengue?

Battu à domicile par la Real Sociedad en Liga (0-2), le Real Madrid est au plus mal. Le club madrilène pointe à dix longueurs du leader, le FC Barcelone et semble avoir dit adieu au titre. Passé l’effet Solari, la Maison Blanche est retombée dans ses travers. Mais de quoi souffre au juste le Real?

La joie de son nouveau sacre lors du dernier Mondial des Clubs a vécu. Le Real Madrid n’a plus le cœur à la fête. Et s’il s'en prend vertement à l’arbitrage dont il a été victime contre la Real Sociedad, dimanche dernier en Liga, le constat est là, implacable: la Maison Blanche a cédé à domicile contre le 11e de Liga (0-2) et a probablement dit adieu, avec ses dix points de retard sur le FC Barcelone, à la course au titre. L’effet Santiago Solari, probant dès son arrivée, semble s’être estompé. Et ce pour plusieurs raisons.

Des cadres qui n’y arrivent plus

Cela saute aux yeux. Les cadres du vestiaire et du terrain ne sont plus ceux qui portent ce Real Madrid. D’ailleurs, Luka Modric n’a pas dit autre chose en tançant ses coéquipiers après leur défaite contre la Real Sociedad. "Beaucoup d’entre nous ne sont pas à leur niveau, a confié l’international croate en zone mixte après la rencontre. Nous devons être clairs, ce n’est pas une question de chance." L’international croate va encore être plus explicite par la suite. "Nos problèmes sont liés à d’autres choses. Nous devons beaucoup nous améliorer et nous ne sommes pas dans une période idéale. Nous devons être plus proches et jouer plus comme une équipe sur le terrain." Le jeu collectif de l’équipe est à la peine certes, mais des tauliers sont aussi en perdition. Sergio Ramos peine à faire preuve de l’autorité qu’on lui connaît. Modric est moins bien. Toni Kroos a beaucoup moins d’impact. Et Marcelo ne présente plus les mêmes garanties que par le passé. Le public l’a bien remarqué, lui qui n’a pas hésité à le siffler très rapidement dimanche, et ce malgré son statut de vice-capitaine.

Un recrutement pas assez régénérant

Cet été, le Real a perdu sa superstar, Cristiano Ronaldo (on y reviendra). Et l’a remplacé par? Le prodige annoncé Vinicius Junior était déjà transféré en provenance de Flamengo au moment du départ du Portugais. Le Real a rapatrié Mariano Diaz, après sa saison passée en Ligue 1 du côté de l’OL. Les Merengue ont enrôlé un latéral droit (Odriozola) et un gardien (Courtois). Mais n’a pas réellement régénéré son effectif. Après deux saisons sans réel mercato, le besoin se faisait sentir, notamment au milieu de terrain, avec des successions (Kroos, Modric), à aller chercher. C’est déjà cet effectif qui avait "lâché" la Liga à l’hiver 2018, avant de réaliser une nouvelle campagne triomphante en Ligue des champions. Pas étonnant que les maux soient les mêmes aujourd’hui.

CR7 n’a pas de successeur

On y revient donc. Perdre Cristiano Ronaldo est une chose. Ne pas remplacer celui qui a contribué aux trois dernières victoires en Ligue des champions en est une autre et s’apparente à une grosse faute d’ailleurs. Certes, Karim Benzema a pris plus de poids depuis le départ du Portugais. Mais le Français ne pèse pas le même ratio de buts que CR7. Successeur longtemps annoncé, Gareth Bale va de blessure en blessure et ne pèse pas suffisamment, lui, sur l’ensemble d’un exercice pour le Real Madrid. Quant à la recrue Mariano, il est un buteur de complément plus qu’un gros coup, en mesure de faire oublier ou de prendre le relais de l’ancienne star de Manchester United. Vinicius? Encore trop tendre et trop de scories à gommer dans son jeu. Sans un équivalent à CR7, si prépondérant dans les derniers titres du Real et si décisif quand l’équipe en a eu besoin, compliqué de sortir du piège quand il se présente.

Une patte qui manque, qui manque

Cela ne date pas de Solari. Ni de Lopetegui. Le Real Madrid est l’une des meilleures équipes d’Europe (la meilleure du monde, eu égard à son sacre au Mondial des clubs), présente un effectif – même dans le dur – très compétitif mais ne dégage aucun plan de jeu général. Un jeu de contres efficace, souvent portée par le réalisme de Cristiano Ronaldo, la vista du duo Modric-Kroos et l’abattage de Casemiro. Mais pas une vraie patte, comme celle de Manchester City avec Pep Guardiola, le Liverpool de Klopp ou le Barça depuis plusieurs années. Cela ne l’a pas empêché de soulever trois fois la C1 lors de ces trois dernières années. Mais cela peut, aussi, contribuer à ces soucis actuels.