RMC Sport

Acariès : «Le club sera solide, même sans Robert»

Louis Acariès, ancien conseiller de Robert Louis-Dreyfus (2004-08), est confiant pour l'avenir du club

Louis Acariès, ancien conseiller de Robert Louis-Dreyfus (2004-08), est confiant pour l'avenir du club - -

Joint par RMC Sport, Louis Acariès, ancien conseiller de Robert Louis-Dreyfus (2004-08) est revenu sur la mort de l’actionnaire principal de l’OM, qui était également un ami. Pas inquiet pour le futur du club marseillais, il estime que ce dernier est désormais en de bonnes mains.

Louis Acariès, vous n’aviez pas souhaité vous exprimer à chaud samedi, après le décès de Robert Louis-Dreyfus...
Non, parce que ses enfants ne le savaient pas. Comment voulez-vous parler de quelque chose d’horrible quand les enfants ne le savent pas encore. Ils n’étaient pas chez eux. Il ne fallait pas que la dépêche sorte avant que les enfants ne l’apprennent et puis c’est sorti. Comme d’habitude. Sa femme était peut-être au courant mais pas eux. Il ne fallait pas ébruiter cette information. Je n’avais pas à parler. J’ai respecté ce vœu-là.

On vous sent très attristé par cette nouvelle...
Evidemment mais on s’y attendait aussi. Lui comme moi étions conscients que depuis plusieurs années, il était dans une lutte pour sa survie. C’est pour cela que c’est un homme très courageux et très généreux. Ce qu’il a fait, c’est extraordinaire. Je ne parle pas de l’OM, je parle de la recherche. Il a donné des fonds considérables pour cette recherche. Un jour ou l’autre, il sait très bien, de là où il est, que cela finira par payer pour les gens.

C’est quelque chose que l’on ignorait.
Vous savez, il était tellement humble qu’il n’en parlait pas. C’était quelqu’un de discret. On ne lui faisait pas faire n’importe quoi. Il avait du caractère mais lorsqu’il faisait du bien, il n’en faisait pas étalage.

C’est vrai qu’avec le club, les supporters, il se montrait très prudent.
A mon avis, il a été trop gentil selon moi. Lorsque vous êtes trop gentil, on ne vous respecte pas trop. Il a toujours été comme ça.

Pourtant, il a réussi à se faire respecter dans le monde professionnel. Mais sur le plan sportif, à Marseille, il manquera toujours ce titre.
Certes mais quelle importance… Ce n’est pas bien grave tout ça. L’essentiel, c’est qu’il ait fait ce qu’il a fait. S’il n’avait pas été là, le club aurait été en dépôt de bilan plusieurs fois. C’est une réussite déjà ce qu’il a fait. Le club finira par obtenir un titre un jour ou l’autre. Il a été là, il a soutenu le club. Même si on lui a prêté l’intention de vendre le club à Jack Kachkar, il ne l’a pas fait. Tout le monde voulait le virer. Les gens l’ont poussé vers la sortie sous le prétexte que cela pourrait faire du bien au club. C’est lui qui a arrêté cette vente. Il s’est avéré qu’il n’y avait personne pour reprendre l’OM. Il a dit à l’époque : « Je continue ». C’est là son courage aussi. C’est ce qu’il faut mettre en avant, ce courage de ne pas avoir abandonné ce club. Est-ce que Marseille se serait mieux porté sans lui ? Sûrement pas. Et on serait comme quelques clubs français de renom à la dérive complète.

Dans quelle mesure sa condamnation lors de l’affaire des comptes de l’OM l’avait-elle touchée ?
C’est énorme. Au premier procès, il avait été condamné à trois ans. Je lui avais dit avant le verdict : « On va te couper la tête Robert comme on a coupé la tête à Louis XVI. Vous savez que ce dernier n’avait pas compris pourquoi on lui avait coupé la tête… Eh bien Robert n’avait jamais compris pourquoi on a voulu lui couper la tête. Il faut le dire. On se demande encore pourquoi ce monsieur a été condamné si lourdement pour peu de choses.

Pour avoir fait confiance, peut-être, à des présidents, des directeurs généraux qui n’étaient pas très attentifs à la rédaction des contrats.
Mais vous savez, on condamne qui on veut. Robert a été pris dans un piège depuis qu’il a acquis ce club. Tout le monde, quelque part, s’est servi de lui pour que l’OM tourne comme il a pu tourner mais surtout pour que lui ne s’en aille pas. On l’insulte, c’est bien beau, on lui demande de rester, de mettre de l’argent de sa poche et on continuait à l’insulter…Voilà ce qui s’est passé durant tant d’années. Quand je suis descendu ces dernières années, pour lui rendre service, on a mis Pape Diouf à la présidence, même si ce n’était pas le premier vœu de RLD. On a essayé d’atténuer cette image. Mais maintenant qu’il est mort, tout le monde va reconnaître que c’était un grand homme. Il était tellement amoureux du football et de l’OM en particulier. On parle d’argent, de perte de 200, 210, 230, 250 millions d’euros. On entend tout et n’importe quoi. Mais ce n’est pas pour ça qu’il est resté au club. Il est resté à Marseille parce qu’il aime ce club et qu’il voulait gagner quelque chose avec ce club.

Comment voyez-vous l’avenir de l’OM sans Robert Louis-Dreyfus ? Un communiqué sur le site officiel du club a déjà divulgué que ses héritiers allaient poursuivre l’œuvre engagée.
Cette famille n’est pas du genre à abandonner les choses. C’est une dynastie qui ne déposera jamais les armes. Robert n’étant plus là, c’est la famille qui va, pour l’instant, supporter tout ça. Et puis, un jour ou l’autre, les choses vont changer de main. Et lorsque cela aura lieu, le club sera toujours aussi solide, comme quand Robert était là. C’est là la force de ce Monsieur. Il ne laissera pas les choses se faire n’importe comment.

Est-ce que les derniers événements, notamment le départ de Pape Diouf, ont affecté son état de santé ?
C’est évident que ça n’a pas dû lui faire plaisir. Il a du prendre cette décision peut-être malgré lui. Il savait très bien que Pape Diouf avait beaucoup apporté au club. Quand j’ai mis Pape à la présidence, il m’avait dit que j’allais me tromper. Quelques mois plus tard, il est venu me dire : « Tu as raison ». Il savait aussi reconnaître ses torts. Le club est maintenant aux mains de sa famille mais également dans celles de gens qui vont apparaître et qui ne sont pas n’importe qui. Jacques Veyrat (directeur de la holding Louis-Dreyfus, ndlr), c’est le capitaine d’entreprise que Robert a toujours souhaité voir lui succéder. Un jour ou l’autre, le club sera à lui. Il faudra voir ce qu’il voudra en faire. Jacques Veyrat, c’est un grand nom, un grand capitaine d’industrie. Quand le club changera de mains et je ne sais pas avec qui, on sait que le club sera entre des mains solides. C’était le vœu de Robert. Il faut faire confiance à ces gens-là, uniquement en mémoire de Robert.

La rédaction - Mercato Show