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Antonetti-Girard : le match des « Grandes Gueules »

Frédéric Antonetti

Frédéric Antonetti - -

Montpellier se déplace à Rennes (20h) pour le compte de la 9e journée de Ligue 1. Une rencontre qui verra se croiser Frédéric Antonetti et René Girard, deux des entraîneurs les moins lisses et les plus « cash » de notre championnat.

On les aime ou on les déteste, mais ils laissent rarement indifférent. René Girard (Montpellier) et Frédéric Antonetti (Rennes) font partie de cette caste d’entraîneurs qui… comment dire cela avec tact… ont tendance à se faire remarquer. De vrais passionnés pour les adeptes, de sacrés emmer… pour les autres, dont les coups de sang font régulièrement les choux gras de la presse. Les deux techniciens ont ainsi en commun d’avoir glané à coups de réactions à chaud rarement mesurées une étiquette de grande gueule qui leur colle désormais à la peau et, concédons-le, leur va plutôt bien.

La rencontre entre Montpellier et Rennes était donc un prétexte rêvé pour faire réagir chacun des deux hommes au sujet de son homologue. Et si les deux entraîneurs n’adhèrent pas complètement à la comparaison, pas de doute, ils se comprennent. « Chacun a sa personnalité, affirme Antonetti. Je m’exprime beaucoup moins sur l’arbitrage qu’il ne le fait, contrairement à ma réputation. Après, chacun gère ses matches avec sa personnalité. Il est dommage que dans le football français, il y en ait qui soient protégés… Parce que bon, René Girard, ça se sait, Frédéric Antonetti, ça se sait… Et là, je vous adresse un petit reproche : vous ne dites jamais rien sur certains qui sont parfois infects sur le terrain. Infects, c’est le mot. Il y en a, ce sont des pourritures ! Mais ils le font bien. Nous, on le fait mal peut-être. Je ne vous ferai pas le plaisir de vous donner des noms, mais vous en avez sûrement en tête ».

Girard : « On a notre façon à nous de faire les matches »

Du côté de René Girard, on sentirait presque une certaine tendresse à l’égard de son soi-disant alter ego. « C’est comme lorsque l’on dit qu’il existe des gens avec du caractère et d’autres avec un mauvais caractère, analyse l’Héraultais. Il y a toujours une nuance. Je pense que Fred a une plus grande gueule que moi entre guillemets, parce qu’il parle plus fort. Attention, n’interprétez pas à la sauce journalistique ce que je suis en train de dire. C’est juste au niveau de l’intonation. Moi, j’ai une voix plus "pupupu" (il se caricature avec une voix fluette, ndlr) et puis à la fin, on ne m’entend plus du tout. Ce que l’on peut dire, c’est que l’on vit les matches tous les deux. Je n’aime pas le terme de « grande gueule ». On vit, on est présent, on est là, on a notre façon à nous de faire les matches, de les jouer, donc voilà. De temps en temps, on se fait coucou. »

Cette saison, Girard mène aux points en termes de dérapages, face à un Antonetti que l’on a rarement connu aussi sage. Mais sur le terrain, et c’est là l’essentiel, ne l’oublions pas, l’affaire pourrait être bien différente entre ces deux équipes qui sont passées complètement à côté de leur début de championnat. Faites vos jeux…

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Espoirs : Comme on se retrouve…|||

La rencontre entre Rennes et Montpellier réunira donc les deux grandes gueules que sont Antonetti et Girard, mais également – du moins, elle aurait dû – bon nombre de Bleuets. Trois joueurs rennais (Yann M’Vila, Chris Mavinga, Vincent Pajot) et deux montpelliérains (Rémi Cabella, Benjamin Stambouli) faisaient en effet partie du groupe des Espoirs appelés face à la Norvège, en barrage pour l’Euro 2013. La direction bretonne ayant pris des mesures à l’encontre de Mavinga et M’Vila à la suite de leurs frasques nocturnes, ils ne seront finalement que trois sur la pelouse rennaise. Et chacun aura sans doute à cœur de briller pour se remettre en selle après le fiasco norvégien.  

Alexis Toledano, avec Pierre-Yves Leroux