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Arbitres-clubs : une réconciliation de façade ?

La réunion entre arbitres et dirigeants de clubs a soigneusement evité les sujets qui fâchent

La réunion entre arbitres et dirigeants de clubs a soigneusement evité les sujets qui fâchent - -

La réunion de conciliation organisée ce mercredi au ministère des Sports a accouché notamment d’une charte du football. Mais en dépit de l’unité affichée par les participants, les sujets de discorde ont été soigneusement évités.

La réunion entre les représentants de la FFF, des arbitres et des clubs, orchestrée mercredi par la ministre des Sports n’aura eu de conciliation que le nom tant la crise de l’arbitrage de ces derniers jours a laissé des traces. « Je n’ai pas trouvé que la forme de leur contestation soit la bonne même si sur le fond il faut restaurer quelques principes déontologique », souligne Chantal Jouanno.
La ministre aura arbitré une heure trente durant le rabibochage de façade entre les acteurs du monde du football, cinq jours après le coup de force des hommes au sifflet de L1 et L2. Du côté du Syndicat des arbitres français d’élite (SAFE), qui avait déclenché les hostilités vendredi en annonçant leur volonté de retarder d’un quart d’heure les rencontres du week-end, on préférait voir la bouteille à moitié pleine. « On a été écouté, ils se sont engagés à être respectueux d’avantage qu’ils ne le sont », positivait Alexandre Castro, président du SAFE.
La ministre a ressorti des cartons la charte du football français, serpent de mer datant de 2009. « On va créer une instance de concertation entre l’ensemble des acteurs du football qui fera partie de la réforme de la Fédération qui sera votée le 2 avril », a annoncé la ministre.

Chapron convoqué par la commission nationale d’éthique

« Cette charte va revoir le jour, a repris Jean-Pierre Louvel, patron de l’Union des clubs professionnels français (UCPF), mais j’ai aussi proposé que les conversations des arbitres soient enregistrées et communiquées à une commission indépendante qui pourra juger de ce qui se passe d’un côté comme de l’autre. »
Preuve que le terrain reste miné, Jouanno et ses invités ont écarté les sujets qui fâchent. Les revendications financières des arbitres qui lorgnent sur le contrat passé avec Nike ? « Je n’ai pas à m’immiscer dans ces affaires de gros sous qui donnent encore une mauvaise image du foot. » Les sanctions promises par la FFF à l’encontre des arbitres de L1 et L2 (neuf d’entre eux sont convoqués le 16 mars) ? « La décision appartient à la Fédération. »
Si son patron Fernand Duchaussoy s’est prestement éclipsé, Louvel a jugé que les « L2 doivent être sanctionnés ». « Je n’ai aucun problème à ce que les L1 reviennent sur le terrain, pour ce qui concerne les L2, je n’en dirai pas autant. »
Quelques heures plus tard, la FFF annonçait la convocation de l’arbitre et secrétaire du SAFE, Tony Chapron, devant la commission nationale d’éthique. Le calme est loin d’être revenu sur le front de l’arbitrage français.

Louis Chenaille (avec P.T.)