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Attentats de Bruxelles : Gillet "touché en plein cœur"

Guillaume Gillet, le milieu de terrain de Nantes, était retenu avec la sélection belge au moment des attentats de Bruxelles. L’ancien joueur de Bastia revient sur cette semaine forcément marquée par l’émotion, pour lui et l’ensemble de ses coéquipiers.

Le jour des attentats à Bruxelles

« On avait rendez-vous le lendemain. La première chose qu’on a fait le matin, c’est de téléphoner au staff de l’équipe nationale pour savoir s’il y avait un changement dans le programme. On a tout de suite reçu des directives. Il fallait reporter le rendez-vous. Pour moi, cela a été une journée à la maison, en famille, à regarder la télévision pour se tenir au courant de ce qui était réellement passé. »

Un rassemblement assez chaotique

« On a dû reporter le rendez-vous d’un jour. On était à l’hôtel, à 500 mètres de l’aéroport. C’était un peu compliqué pour tout le monde. Des joueurs devaient même arriver ce jour-là. Finalement, tout le monde est sain et sauf. C’était un rendez-vous assez chaotique. Généralement, c’est toujours la bonne humeur qui prédomine. On est content de se retrouver. Là, tout le monde était un peu sous le choc. »

Un groupe belge touché

« A la base, le foot est quelque chose de dérisoire par rapport à beaucoup d’autres choses. Mais là, c’est encore pire. On essaie tant bien que mal de mettre ça de côté pour se préparer. On a eu quelques jours pour essayer de bien travailler. On aurait voulu remporter le match pour redonner un peu de baume au cœur au peuple belge. Ça n’a pas été le cas. »

La nécessité de jouer contre le Portugal

« Il fallait jouer ce match, oui. On a même été déçu de ne pas pouvoir le jouer en Belgique. Cela aurait été une belle réponse, je crois. Mais cela demandait beaucoup de sécurité. On voulait quand même jouer le match. Ça a été bien organisé. On est arrivé au Portugal, c’était très bien. Cela a permis de faire une revue d’effectif. »

L’accueil réussi des Portugais

« On arrive un peu à faire la part des choses. Mais émotionnellement, c’était quand même quelque chose de fort. Il faut aussi remercier le Portugal et son public qui nous ont très bien accueillis, pendant l’échauffement et la minute de silence. Ça fait plaisir de voir tout le monde uni dans ce genre d’événements. C’est comme ça que l’Europe pourra tenir bon. »

La chance de Dieumerci Mbokani

« On donne parfois l’impression d’être juste concentré sur le football. On a été touché en plein cœur. J’ai vu ce choc psychologique chez tout le monde. Je connais des gens qui ont évité de peu les attentats. J’ai un coéquipier qui était avec moi à Anderlecht, Dieumerci Mbokani. Il partait et c’est dans le hall des départs que ça s’est produit. Il attendait son cousin. Sa femme lui a demandé de l’attendre dehors, ce qu’ils ont fait finalement. Quand ça a explosé, ils ont couru partout avec les enfants. Ils ont laissé leurs valises. Ils sont passés vraiment à côté de la mort. »