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Auxerre en toute humilité

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Troisième du dernier championnat, le club auxerrois a décidé de faire profil bas avant le coup d’envoi de la saison contre Lorient. Les Bourguignons parlent de maintien avant tout alors qu’ils pourraient disputer la Ligue des champions.

A Auxerre, rien ne change vraiment au fil des saisons. Après une année éclatante, ponctuée par une inattendue troisième place en championnat -synonyme de tour de barrages de la Ligue des champions- la même ritournelle du « maintien » revient lorsqu’on évoque les objectifs à venir. « On va rester humble. Pas question de tirer des plans sur la comète », juge Alain Dujon, le président du club, qui prend ainsi des airs de Guy Roux.

Le propos pourrait surprendre pour tout autre club alors que l’équipe bourguignonne, si elle passe le tour de barrages de la C1 (le 17 ou 18 août), peut être amenée à affronter un cador européen comme Barcelone, Manchester United ou le Real Madrid. Mais il confirme qu’à Auxerre, on n’aime pas vraiment faire de vagues, et qu’on garde une humilité qui est peut-être la clé d’un maintien constant parmi l’élite pour la 31e saison consécutive. « On ne change pas facilement », reconnaît le président d’honneur Jean-Claude Hamel.

La même épine dorsale

Auxerre n’a jamais été un grand animateur du marché des transferts. Cette année, la conjoncture économique n’a d’ailleurs pas incité le club à déroger à sa règle : ne pas dépenser plus d’argent qu’on ne possède (voir encadré). Anthony Le Tallec (ex-Le Mans) est pour le moment la seule recrue d’envergure du club, débauchée pour 3 millions d’euros, même si le jeune Soumahoro Johnson (22 ans) est arrivé d’Amiens. Le Lillois Ludovic Obraniak aurait pu suivre. Mais le dossier est en stand-by en attendant qu’Auxerre puisse se séparer de quelques joueurs, et soit certain de jouer la Ligue des champions.

Le capitaine Benoît Pedretti ne devrait pas faire partie des partants si l’on se tient à ce que répète le président Dujon. Intransférable, l’ancien Marseillais a été le meilleur joueur auxerrois l’an passé. Il pourrait bien être à nouveau l’homme de base de Jean Fernandez. Le technicien auxerrois s’appuiera toujours sur son épine dorsale (Sorin, Coulibaly, Pedretti, Jelen) et quelques joueurs (Kitambala et Langil) du centre de formation de retour de prêt. Reste à savoir comment l’effectif va gérer de concert Ligue 1, Coupes et Ligue des champions. La série de matchs amicaux poussifs (2 victoires, 2 nuls, 2 défaites) laisse penser à un gros saut dans l’inconnu. « On a les moyens de faire la même saison », croit Le Tallec, qui ne parle pas de maintien.

Paul Basse