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Auxerre: Le onze de rêve de Guy Roux, qui fête ses 80 ans

Guy Roux, entraîneur mythique de l’AJ Auxerre, fête ses 80 ans, ce jeudi. L’occasion de dresser le onze de rêve des joueurs qu’il a entraînés lors de ses 40 années passées sur le banc du club icaunais qu’il a permis de faire connaitre en France, en Europe et dans le monde.

Gardien: Bats

S’il a débuté à Sochaux, Joël Bats a explosé dans le but d’Auxerre entre 1980 et 1985. Et Guy Roux y est pour beaucoup dans sa progression puisqu’il avait lui-même entraîné le gardien, à une époque où les entraîneurs spécifiques par poste n’existaient pas. "À l'époque, Dominique Cuperly jouait encore, il ne devenait mon adjoint qu'en 85, rappelait Guy Roux à L’Yonne Républicaine en 2015. C'est donc moi qui pendant quatre ans ai fait travailler Bats. C'est mon plus grand exploit d'entraîneur. Je l'ai recommandé aussi à Marc Bourrier pour les Espoirs, et il s'est retrouvé en A pour l'Euro 84, qu'il a gagné!" Bats avait participé à la première qualification du club pour une Coupe d’Europe qu’il avait disputée en 1984-85. 

Défense: Sagna, Blanc, Boli, West

La défense de rêve sous Guy Roux illustre ses talents de technicien avec son côté formateur réputé mais aussi celui de recruteur hors-pair. Natif de Bourgogne (Sens), Bacary Sagna s’est mué comme l’un des meilleurs latéraux droits français des années 2000 après avoir été formé et lancé à l’AJA (trois saisons en pros, 2004-07, une Coupe de France en 2005). Basile Boli, a, lui, passé sept ans à Auxerre avant de s’envoler vers l’OM gagner la coupe d’Europe des clubs champions. Il n’a pas joué avec Laurent Blanc qui n’a passé qu’une saison au club (1995-96) avec à la clé un doublé coupe-championnat. Plutôt utilisé dans l’axe mais capable d’évoluer à gauche, Taribo West est une trouvaille de Guy Roux qui a régné sur la défense auxerroise pendant quatre saison (1993-97) avant de rejoindre l’Inter Milan. 

Milieu: Lamouchi, Scifo, Martins

Formé à Alès, Sabri Lamouchi a vécu son plus long passage en club à Auxerre (1994-98), l’un des plus marquants de sa carrière aussi puisqu’il a participé au doublé coupe-championnat en 1996 mais aussi à l’historique parcours en Ligue des champions la saison suivante (défaite en quart de finale face à Dortmund). C’est aussi grâce à l’AJA qu’il intègre l’équipe de France, même s’il a fait partie des six recalés de la liste d’Aimé Jacquet pour la Coupe du monde 1998.

A ses côtés dans ce onze de rêve, Corentin Martins l’était aussi sur le terrain puisque les deux joueurs ont vécu deux saisons en commun (1994-96). Dépositaire du jeu bourguignon, Martins a signé des coups d’éclat comme en quart de finale de la Coupe de l’UEFA face à l’Ajax Amsterdam en 1993. Martins avait pris la succession du Belge, Enzo Scifo, milieu magnifique (1989-91) relancé par Guy Roux après des passages en dents de scie à l’Inter Milan et à Bordeaux. 

Attaque: Cissé, Szarmach, Cantona

Là encore, l’attaque est composée d’un jeune du centre, Djibril Cissé, biberonné par Guy Roux que le joueur évoque toujours avec beaucoup d’émotion. En six ans, il est devenu le deuxième meilleur buteur de l’histoire du club (70 buts entre 1998 et 2004). Il est devancé par le Polonais Andrzej Szarmach, arrivé en 1980 sur les bords de L’Yonne alors qu’il était courtisé par le Bayern Munich. Guy Roux avait rusé et utilisé tous les stratagèmes, en activant notamment ses réseaux politiques pour arracher la star polonaise, meilleur buteur de l’histoire du club (94). "C'est le meilleur avant-centre que j'aie jamais entraîné, alors que j'en ai eu d'autres de très grande valeur", avait même confié Guy Roux à son sujet, sur Canal+.

Le troisième larron se nomme Eric Cantona. Formé au club (1983-88), Cantona a vécu deux périodes en Bourgogne entre des débuts assez compliqués et un retour en 1986 (après un prêt d’un an à Martigues) qui a fait entrer l’attaquant dans une nouvelle ère. Celle des performances sportives étincelantes mais aussi des coups de sang qui le guideront jusqu’à son départ du club pour l’OM en 1988. Dans une interview au Monde en mars dernier, Guy Roux dressait un parallèle entre sa Légion d’Honneur et sa gestion compliquée de celui qui n’était pas encore "The King". "Je la lui dois, avait-il déclaré en évoquant sa décoration. Des fois, je me demande ce que j’ai fait pour la mériter. Et puis je me rappelle que j’ai entraîné Cantona pendant sept ans."

Le onze de rêve de Guy Roux: Bats - Sagna, Blanc, Boli, West - Lamouchi, Scifo, Martins - Cissé, Szarmach, Cantona

Remplaçants : Martini, Mexès, Boumsong, Saïb, Ferreri, Diomède, Guivarc’h, Cocard, Vahirua, Kalou, Fadiga, Verlaat, Laslandes, Roche, Diaby, Kapo

NC avec AA