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Baup hausse le ton

Elie Baup

Elie Baup - -

Fortement critiqué suite à la défaite de l’OM face au PSG (1-2), avant la trêve internationale, Elie Baup est monté au créneau ce mercredi. Le technicien olympien, conscient de la passe difficile qu’il traverse, a tenu à défendre ses choix.

Il a suffi d’un mot pour faire disparaitre son sourire et sa bonne humeur. De bonne composition ce mercredi lors de son arrivée en conférence de presse, Elie Baup a vite changé de ton et de mine à l’évocation du PSG, dernier bourreau en date de son équipe (1-2). Le technicien olympien se savait de toute façon attendu. Car contrairement à d’autres lieux de l’Hexagone, la trêve internationale n’a pas franchement été tranquille du côté de la Canebière. La période a été animée par de nombreux articles et avis de consultants fustigeant le jeu de l’OM. Et les choix d’Elie Baup lors du classique. Alors dix jours après, le technicien phocéen est monté au créneau. En mode explications. Et mise au point surtout.

« Pour moi, il n’y a pas du tout de crise, a indiqué Baup d’entrée. Chacun a passé cette période de matches internationaux à meubler comme il peut. Moi, je l’ai passée à préparer les prochains matches. » Avant d’en rajouter une couche : « Il y a déjà trois collègues qui ont été éjectés de leur poste... On sait que notre métier est complexe, difficile et qu’il tient beaucoup aux résultats. Mais il faut surtout garder le cap par rapport au travail. On a un projet de jeu depuis le début de saison où on veut produire du jeu. Des fois on joue trop. Des fois pas assez. On ne peut pas satisfaire tout le monde. » Comme un effectif plus fourni que la saison dernière, des joueurs peu utilisés (Thauvin, Lémina), des cadres un peu mis de côté (Cheyrou, Diawara) et des éléments mécontents d’une concurrence jugée quasi nulle (Gignac)…

Une pensée pour Metsu

« Je ne sais pas comment vous avez interprété l’atmosphère du vestiaire, s’est défendu Baup. Elle n’a pas changé. Elle est identique au début de saison, à l’année dernière. S’il y a des gens au milieu avec nous, je ne les ai pas vus. » En revanche, Baup a bien vu les critiques qui ont plu sur sa gestion du match face à Paris. Son coaching trop prudent. Et son incapacité à faire basculer une rencontre dans laquelle son équipe avait l’avantage numérique. « C’est un phénomène psychologique. Il faut savoir qu’il y a beaucoup de joueurs du PSG qui viennent d’Italie. Et en Italie, Capello ou d’autres s’entrainent à jouer à 10 contre 11. Alors s’il y a un reproche à me faire, c’est que je n’ai jamais travaillé cela à l’entraînement. » Un peu d’humour pour détendre l’atmosphère. Avant d’attaquer. Encore.

« Il faut aussi parler un peu plus cru, lance Baup. Les gars en face, ils ont 400 millions d’euros de budget, des joueurs qui ont coûté 80 ou 100 millions d'euros… Le mec qui s'aligne face à Usain Bolt, il sait qu'il peut le battre. Mais si Bolt ne manque pas son départ, ne se blesse pas ou ne se claque pas, ça va être difficile de passer le 100 mètres avant lui. Parfois, on est rejoint et rattrapé aussi par la réalité du terrain. » Celle de la vie aussi. Alors qu’une nouvelle question lui était posée sur la pression, de plus en plus forte, s’abattant au-dessus de ses épaules, Baup a livré un énième tacle. Moins drôle. Beaucoup plus… cassant. « Je suis dans un projet de travail, comme je l’étais l’an dernier, comme je le suis cette année. Je travaille. Et quand c’est la passion, quand c’est un match comme ça, je comprends qu’il marque beaucoup plus les esprits. Aujourd’hui, ce qu’il nous faut c’est faire un bon résultat à Nice et enchaîner avec Naples. Et ce qui est important, c’est qu’on se lève tous les matins. Parce que mon ami Bruno Metsu (ndlr, décédé mardi matin des suites d’un cancer), le pauvre, il aimerait bien avoir les problèmes que j’ai. » Fermez le ban. Le feu des critiques attendra un peu avant de grandir.

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