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Baup : « J’ai été bien traité à Marseille »

Elie Baup

Elie Baup - -

Invité de Luis Attaque, Elie Baup est revenu sur son éviction de l’OM en décembre. Sans aigreur, l’entraîneur à la casquette assure qu’il croyait encore à la C1 au moment de son remplacement et se dit prêt à prendre les rênes d’un nouveau club.

Elie, avez-vous lu des choses qui vous ont déplu depuis votre éviction de l'OM en décembre dernier ?

J’ai fait abstraction de mon cas personnel. Ce qui m’intéressait, c’est de voir l’évolution de notre équipe. Je connaissais le groupe et il est resté sur ce qu’on avait connu lors de la première partie de saison. Il n’y a pas eu beaucoup de changements puisque la moyenne des points pris est identique à celle des 17 premiers matches quand j’étais là. C’était finalement sa valeur sur la saison.

Quand vous étiez là, certains jeunes ne jouaient pas et n'ont pas retrouvé beaucoup de temps de jeu après votre départ. Qu'en pensez-vous ?

Certains ont débuté la saison, comme Imbula, avant de moins jouer. Ils sont talentueux, à l’image d’un Thauvin. A Marseille, il faut des résultats immédiats mais il faut un peu de patience avec les jeunes. Il faut qu’ils apprennent le métier. Il faut être un bon joueur de football et ils le sont. Mais il faut aussi être un bon joueur d’équipe et ils sont dans l’apprentissage. Il faut en faire des équipiers avec des contraintes de travail et des systèmes de jeu.

Au moment de votre départ, l

Je n’en fais pas une affaire de personne. L’an dernier, on a fini deuxième contre toute attente. Puis on a eu une Ligue des champions très compliquée (6défaites en 6 matches, ndlr) avec un tirage vraiment complexe pour nous. Au moment où j’ai été licencié, je pensais que je pouvais y arriver. Être licencié en cours de saison, c’est délicat. Mais une fois qu’on n’est plus là, il ne faut pas ressasser tout ça. Il faut se projeter sur le futur et ne pas chercher à savoir s’il a eu tort ou non. On peut aussi dire qu’il a eu raison de me prendre aussi puisque l’équipe n’était pas bien et on a fini deuxième, avec une qualification en Ligue des champions. A-t-il eu raison de me lâcher ? C’est autre chose.

« Je ne baissais pas les bras »

Avez-vous accepté la décision ?

Il y a un temps pour tout. Quand je suis parti, je pensais que je pouvais arriver à être troisième. Je ne baissais pas les bras, il restait les coupes. Il n’y a qu’en Ligue des champions que c’était terminé. J’avais un pourcentage de résultats qui me disait que je pouvais y arriver avec une meilleure connaissance du groupe qu’au début de saison. Mais une fois que la décision est prise, il ne faut pas refaire l’histoire. Il faut passer à autre chose et se projeter sur l’avenir.

Beaucoup de commentaires sur l'état d'esprit du groupe ont accompagné votre départ. Existait-il une tension entre joueurs ?

Un groupe s’était construit la saison précédente à travers avec beaucoup de solidarité. Il était quantitativement limité parce que j’avais utilisé 15 ou 16 joueurs. Le groupe existait dans le combat. Il s’est élargi avec des joueurs d’ambition comme Payet et des jeunes pour permettre au groupe d’être plus élargi et compétitif sur plusieurs compétitions. Il faut que la mayonnaise prenne, c’est la difficulté des groupes élargis. Un joueur de foot, ce n’est pas uniquement le talent technique, c’est aussi la capacité à se fondre dans l’identité d’un club. Et Marseille est un club à forte identité. L’OM est au-dessus de tout. Les joueurs et les entraîneurs, même Marcelo Bielsa qui est un monstre, passeront mais l’OM sera toujours là avec son stade. C’est un club où il faut se mettre minable tout le temps, se donner à fond avec une mentalité spéciale. Les jeunes doivent avancer en sachant que le plus important, c’est la performance collective.

Avez-vous le sentiment que les jeunes ont eu votre tête ?

Non. C’est comme ça, c’est le foot. On m’a pris, on m’a mis de côté même si je pensais qu’on pouvait encore y arriver. Je pensais à la performance d’Antoine Kombouaré, qui était leader et qui a été remplacé pendant la trêve (lors de la saison 2011-2012 avec le PSG, ndlr). Dans notre métier, il faut être prêt à accepter certaines choses. Il ne faut pas être marqué, touché, meurtri ou aigri envers les gens. Avec l’expérience et le vécu que j’ai, il faut digérer ça le plus vite possible et se projeter dans le futur.

« J'ai encore envie de travailler dans le football »

Marcelo Bielsa peut-il réussir avec ce groupe ?

J’ai beaucoup d’amis du côté de Bilbao. Les gens gardent un bon souvenir et de belles choses de ce que Bielsa a fait là-bas. Derrière, Valverde a pris le groupe et s’est qualifié en Ligue des champions cette année. Bielsa a laissé le club dans un très bon état, il l’a marqué de son empreinte. Il aura les clés de l’OM au niveau sportif puisqu’il a plus un profil de manager sportif avec la formation et le recrutement.

Travailler à Marseille est-il réellement difficile avec la pression ?

Si j’avais entraîné à Marseille à mes débuts, j’aurais peut-être eu une autre appréciation. Là, je me suis éclaté. C’est une rencontre de passion. J’ai été très bien traité. J’y suis revenu depuis que je n’y suis plus. Il n’y a rien à dire. Si on m’a savonné la planche ? Non. Tout ça, ce sont des conneries. Des choix ont été pris par rapport à une situation.

Bordeaux, Bastia ou Lorient n'ont plus d

(Il rit et balbutie). Ce sont tous des bons clubs de L1. Si j’ai envie de reprendre un club ? J’ai eu la chance de remettre le pied à l’étrier. J’ai l’impression d’avoir fait de bonnes choses puisque sur les 55 matches de L1 avec l’OM, il y a 53% de victoires. J’ai encore envie de travailler dans le football. J’ai encore des possibilités et je suis reparti tout neuf.

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La rédaction