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Bordeaux: le propriétaire américain King Street se désengage, le club en grand danger

Le propriétaire américain King Street ayant décidé de se désengager financièrement, les Girondins de Bordeaux sont placés sous la protection du tribunal de commerce. Un candidat à la reprise s'est déjà officiellement manifesté.

Les Girondins de Bordeaux sont en danger. Le club annonce avoir été placé sous la protection du tribunal de commerce de Bordeaux. Cette décision du président Frédéric Longuépée est la conséquence d'un désengagement de l'actionnaire majoritaire King Street. Le propriétaire américain "a fait savoir qu'il ne souhaite plus soutenir le club et financer ses besoins actuels et futurs", indique le club dans son communiqué publié jeudi.

"Un mandataire ad hoc a été nommé, indique aussi le club, par rapport à son placement sous protection du tribunal de commerce. Il sera chargé d'assister le FC Girondins de Bordeaux dans sa recherche d'une solution durable".

46 millions d'euros investis par King Street

Dans ce même communiqué, le club explique ses difficultés par les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, mais aussi la crise des droits TV de la Ligue 1. "Ces événements s'ajoutent aux conséquences financières ayant déjà durement touché les clubs la saison dernière en raison de l'arrêt du championnat et de la perte des revenus qui en a découlé", écrit aussi le FCGB, en soulignant que King Street a déjà investi 46 millions d'euros depuis le rachat auprès de M6 à la fin de l'année 2018.

Seul propriétaire à la barre du club depuis fin 2019, après le départ du fonds américain GACP, King Street avait remis de l'argent au cours de l'été dernier, pour satisfaire les exigences de la Direction nationale de contrôle de gestion, le gendarme financier du football français. Un autre apport avait été effectué en janvier, ce qui permettait de supposer que les dirigeants croyaient encore à leur engagement.

Un premier candidat à la reprise

Malgré tout, King Street était dernièrement aux abonnés absents. Aucun commentaire n'avait été effectué récemment. Même si des discussions autour d'un potentiel rachat existaient avec divers acteurs potentiellement intéressés, le fonds américain ne semblait pas vouloir vendre. À présent, une question se pose parmi tant d'autres: un repreneur pourra-t-il racheter la dette, qui se chiffre autour de 60 millions d'euros?

Un candidat s'est officiellement manifesté sur RMC: Bruno Fiévet, homme d'affaires de 51 ans: "On avait eu une réponse négative aprèsune offre qu'on avait faite en septembre. Je ne voyais pas la lumière au bout du tunnel dans ce projet de reprise, elle est arrivée aujourd'hui. Concrètement, on va discuter avec le tribunal pour savoir sous quelles conditions le club est à vendre. La dernière tâche de Frédéric Longuépée est de trouver un repreneur fiable. En fonction de ce qu'on va nous annoncer, on sera à même de proposer une offre de reprise. Si je suis intéressé pour reprendre Bordeaux? Bien sûr, c'est très officiel. Je n'abandonnais pas l'idée, c'est juste que les conditions ne le permettaient pas."

À seulement cinq points de la zone rouge

En parallèle de cette situation de crise, les Girondins de Bordeaux doivent aussi trouver une solution sur le plan sportif. À cinq matchs de la fin de la saison en championnat, au grand dam des supporters, le club occupe la 16e place. Les hommes de Jean-Louis Gasset, qui n'ont remporté que dix matchs, ne comptent que cinq points d'avance sur la place de barragiste pour la relégation en Ligue 2. Mais le désengagement de King Street risque bien d'obliger le club à repartir des divisions amateur.

Julien Absalon avec NP