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Bordeaux : M6, juste du bluff ?

Nicolas de Tavernost, le président du directoire de M6

Nicolas de Tavernost, le président du directoire de M6 - -

Actionnaire majoritaire des Girondins de Bordeaux depuis 1999, M6 menace de quitter le club si la taxe à 75% est appliquée. Nicolas de Tavernost, le président du directoire de la chaîne, doit-il être pris au sérieux ?

Nicolas de Tavernost qui « balance », en pleine bagarre contre la taxe à 75%. Et Nicolas de Tavernost qui « danse », en tribunes. Que faut-il retenir ? La petite phrase pour faire peur d’un actionnaire majoritaire en colère ou l’image d’un supporter comme les autres ou presque, heureux de voir son équipe marquer à la dernière minute en Ligue Europa ? « Vous l’avez vu célébrer le but ? Vous avez l’impression qu’il va quitter Bordeaux ? La réponse est là, il va rester ! », assure le milieu bordelais Grégory Sertic. Le doute est pourtant né le 20 octobre, au soir de Lyon-Bordeaux (1-1), avec une menace que Nicolas de Tavernost a depuis répétée : « Nous ferons le point après le vote de la loi de finances, mais nous ne resterons pas dans ces conditions ». Pas avec cette taxe à 75%.

Le vestiaire girondin n’y voit majoritairement qu’un « coup de bluff ». « Ce sont des problèmes de grands patrons, de politiques, explique Cédric Carrasso. Il y a une part de vérité, une part de bluff, une part de je ne sais pas quoi... Nous, aujourd’hui, on ne sent aucun changement et on ne voit pas pourquoi il y en aurait. On ne ressent pas ça à l’intérieur du club en tout cas. » « Bordeaux sans M6, ce n’est pas d’actualité, rajoute Matthieu Chalmé, l’un des historiques. Bordeaux est avec M6 et pour de belles années encore, je pense. » Mais d’autres, comme Ludovic Obraniak, décryptent plus prudemment ce semblant de poker-menteur entre l’Etat et les grands dirigeants des clubs français.

« Il n'y a pas de Girondins s'il n'y a pas M6 »

« Si tout d’un coup, monsieur de Tavernost, qui est quand même quelqu’un d’assez intelligent et de raisonnable, qui est toujours mesuré dans ses propos, en arrive à dire ce genre de choses, c’est qu’à un moment donné, il ne doit pas s’y retrouver au niveau de ses comptes. » Inquiet, le milieu de terrain des Girondins ? « Forcément. On n’aura pas toujours des Qataris, des Chinois, des Russes qui viendront sauver les clubs de Ligue 1. » « Si jamais c’était le cas, il y a des gens de la région qui aiment beaucoup le club et je pense que Bordeaux retrouverait un investisseur » reprend Matthieu Chalmé, plus positif. La peur d’un départ de M6 paraît plus forte dans la sphère politique locale. 

« Il n’y a pas de Girondins s’il n’y a pas M6 », craint ainsi Arielle Piazza (UMP), adjointe aux Sports à la mairie de Bordeaux. Pour le conseiller municipal d’opposition (EELV) Pierre Hurmic, c’est le nouveau stade qui serait en danger, puisque cela voudrait « dire que c’est le contribuable bordelais qui va financer pendant 30 ans un investissement qui est totalement démesuré ». Il faut finalement avoir discuté directement avec Nicolas de Tavernost pour être plus serein. « On l’a rencontré et on n’a aucunement senti la volonté de M6 de quitter le club, rapporte Laurent Perpignaa, porte-parole des Ultras Marines. M6 est dans son rôle, en se positionnant de la sorte et en disant haut et fort que ça pourrait remettre en cause son implication. C’est une manière de mettre une grosse pression. » Et de faire tapis. 

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