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« Bordeaux n’est pas candidat au titre »

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Conscient que son équipe doit à tout prix s’imposer, Laurent Blanc craint néanmoins le déplacement au Havre. Prudent, il refuse pour l’instant de se positionner comme un candidat au titre.

Que vous inspirent les résultats du week-end dernier ?
C’est la garantie d’avoir une belle fin de saison, que ce soit pour les six, sept équipes du haut de tableau comme pour celles du bas. Rien n’est joué que ce soit pour le titre, pour l’accession aux places européennes ou pour la descente en Ligue 2. C’est un championnat qui à chaque journée, à mon avis, va connaître des changements au niveau du classement

Tout le monde affirme que des toutes les équipes de tête, Bordeaux possède le meilleur calendrier de fin de saison. Partagez-vous cet avis ?
Tout est relatif. C’est vrai qu’en termes de confrontations directes avec nos concurrents, on est concerné que par deux matchs sur dix. Alors que les autres équipes qui sont à la lutte avec nous en auront plus. Après est-ce que c’est plus facile de jouer un prétendant à la Coupe d’Europe qu’une équipe qui se bat pour le maintien ? Je n’en suis pas certain.

Il y a trois semaines vous déclariez que Bordeaux n’était pas un prétendant au titre. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Ma position n’a pas changé. Après, on verra si ça évolue. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Mais il faut se souvenir où on était il y a quelques temps. Il a suffit qu’on gagne un match contre Nice pour de redevenir un candidat au titre. Avec une défaite, ça peut changer rapidement. On n’avait pas besoin d’attendre que Lyon perde contre Auxerre pour savoir que Lyon était dans une période difficile. On le sait depuis longtemps. Comme Bordeaux a pu l’être. Au niveau comptable je parle. Donc je maintiendrai ce que j’ai dit il y a trois semaines, quitte à me tromper. Je serai même heureux de mettre trompé. Mais on fera le point à quatre, cinq journées de la fin. Si à ce moment là, on est toujours dans la lutte, ça ne me dérangera pas de dire qu’on joue le titre.

Comment jugez-vous l’état de vos troupes ?
On n’a pas été très bien à un moment donné, notamment au niveau comptable. Mais dans le jeu, on n’était pas si mal que cela. Je pense que les matchs où on a été vraiment moins bons, c’est contre Galatasaray et Toulouse. Il y a eu une prise de conscience collective et individuelle qui fait qu’on a eu un début de réaction contre Nice. Maintenant, il faut confirmer au Havre.

Justement, personne ne vous pardonnerai un faux-pas au Havre…
Quand on regarde le classement, on est dans l’obligation de s’imposer au Havre. Le problème c’est que ça ne va pas être aussi simple. Sur ce match, on n’a rien à gagner mais plutôt tout à perdre. Si on fait un bon résultat ce sera logique. En revanche, si on fait une contre-performance, on risque de se faire chahuter. Ils ont d’autres soucis que les nôtres mais ils veulent montrer qu’ils peuvent gagner des matchs en Ligue 1. Ils ont réduits leur groupe parce qu’ils ne veulent que des joueurs qui soient concernés par la situation du club. Je crains ce déplacement parce qu’on doit prendre trois points et ça risque d’être compliqué.

La suspension de Diarra est-elle préjudiciable ?
Non, pas particulièrement. On la regrette mais on ne peut pas faire autrement. Ce n’est pas l’absence d’un joueur qui va remettre en cause notre système. On a un joueur (Ducasse) qui peut remplacer Diarra dans sa zone, donc la solution est vite trouvée. Changer de système de jeu impliquerait trop de modifications à d’autres postes. J’aime mieux procéder à un remplacement poste par poste.

Wendel a déclaré que vos joueurs ont fait un pacte entre eux : neuf points en trois matchs. Qu’est-ce que ça vous inspire ?
Vous savez, c’est toujours facile de dire ça. Après, la chose la plus difficile, c’est de le faire sur le terrain. On a toujours pensé avec les joueurs que ces deux matchs là, sans manquer de respect à Nice et au Havre, pouvaient lancer quelque chose d’intéressant. On a fait la moitié du chemin puisqu’on à gagner contre Nice. Il nous reste à faire le nécessaire au Havre. Le meilleur moyen d’arriver à nos fins, c’est de prendre les matchs les uns après les autres sans faire de projection particulière. Rien ne dit que la réception de Lyon sera plus difficile qu’un déplacement au Havre.

Est-ce que le fait que certains de vos concurrents directs soient toujours qualifiés dans les coupes nationales ou européennes, va avoir une incidence sur la fin de championnat ?
Ca dépend de l’effectif que vous possédez. Ce sont des matchs en plus. La fatigue va jouer un rôle dans ce sprint final. Maintenant les parcours en coupe peuvent aussi créer une dynamique avec des répercussions positives en championnat.

Qu’avez-vous pensez du rapport de l'AFLD rendu public hier et qui souligne qu'il existe du dopage aux stéroïdes chez des joueurs de Ligue 1 et du Top 14 ?
Je m’étais promis de ne parler que de Bordeaux mais là je veux bien faire une exception. Le dopage existe depuis des lustres mais quand est-ce qu’on va le combattre vraiment. On est encore à mener des expériences ? Nous, on n’a pas été concerné car aucun joueur de Bordeaux n’a été sollicité. Alors quels joueurs et quels clubs ont été sollicités ? C’est trop flou ! Soit on le fait sérieusement, on donne le nom des joueurs et des clubs, on punit les tricheurs et on rend le rapport public. Soit, c’est juste une mission expérimentale et ça reste confidentiel.

La rédaction - Olivier Schwarz