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Bouchet : « L’OM n’est pas responsable de tout »

Christophe Bouchet

Christophe Bouchet - -

Christophe Bouchet, président de l’OM entre 2002 et 2004, a réagi dans le Moscato Show sur RMC aux perquisitions qui ont eu lieu ce mercredi au siège d’entrainement du club olympien. Attristé, il écarte la responsabilité directe de l’OM.

Christophe Bouchet, quel est votre sentiment suite aux perquisitions qui ont eu lieu ce mercredi au centre d’entraînement de l’OM ?

J’ai appris cette information avec une grande tristesse. C’est encore l’OM qui est dans le viseur. Je veux bien croire qu’il se passe beaucoup de choses à Marseille. Il y avait eu des efforts qui avaient été faits depuis pas mal de temps. Tout le monde s’y était mis, la police, la justice, la mairie… Tout avait été fait en sorte pour que le club ait une image propre. Il se passe des choses partout en France. L’OM, ça brille. Si on veut faire valoir son nom, son enquête, il est plus facile de l’attacher à l’OM que de l’attacher à Guingamp.

Cette perquisition a été effectuée dans le cadre d’une longue enquête. Ce qui veut dire que la justice doit disposer d’éléments…

Si j’ai bien compris, l’information judiciaire a été ouverte pour association de malfaiteurs. C’est très grave, et c’est assez large. On verra les suites qui seront données. Je m’attache au côté spectaculaire de la perquisition. Après, dans l’enquête, chacun fait son job. Il n’y a pas à s’en plaindre. Il y a pas mal de gens qui se sont succédés au club depuis plusieurs années, qui ont essayé de faire en sorte que ça se passe bien et qu’on arrête d’associer Marseille et l’OM à ce genre de pratiques. Si c’est le cas au fond, c’est encore pire et je serai encore plus triste.

En tant qu’ancien président de l’OM, ce club est-il impossible à diriger sans flirter parfois avec les limites de la légalité ?

Si je comprends bien l’affaire, ce n’est pas le club qui est en cause. Ce serait éventuellement certains entourages, de certains joueurs. C’est plus compliqué. Le club n’est pas responsable de tout ce qu’il se passe autour de ses joueurs, même s’il doit y faire très attention pour des problématiques d’image. Pendant deux ans, j’ai essayé de purger quelques affaires et ça m’a été reproché. Sous cette impulsion, l’OM n’était plus catalogué au rayon judicaire. C’était bien. Le club peut parfaitement se donner la mission d’être clean. Quelques fois, j’ai rappelé des émissaires du club qui étaient à l’étranger parce qu’on leur proposait des choses qui n’étaient pas dans la norme. Mais le club ne peut pas tout surveiller. On prête beaucoup à l’OM, à juste titre, c’est un club extraordinaire. Mais il n’a pas pouvoir de police ni de justice. Le club n’a pas les moyens d’aller partout, comme peut le faire un juge.

Le titre de l'encadré ici

Di Meco : « La saison de l’OM ne sera pas impactée » |||

« Ce n’est pas la première fois qu’un club de foot est perquisitionné, explique Eric Di Meco, l’ancien joueur de l’OM. Il y a beaucoup d’argent qui circule dans le milieu du football et notamment au niveau des transferts. C’est déjà arrivé à Marseille par le passé mais aussi dans d’autres clubs. Il ne faut pas rêver, la police et le fisc français s’intéressent énormément à ce qu’il se passe dans le football car il y a énormément d’argent qui circule. C’est très surveillé. S’ils sont venus perquisitionner, c’est qu’ils ont sûrement des infos et qu’ils cherchent. Ça n’a rien à voir avec l’affaire OM-VA (en 1993, ndlr). Quand on a été entendu à l’époque, on était en stage à Font-Romeu. Les enquêteurs n’étaient jamais venus au club. Le club avait été lourdement touché, la rumeur avait couru toute l’année sur les gros soucis financiers. Et malgré tout, je crois qu’on avait fini 2e. Ça avait été une saison très difficile. Mais on s’était serré les coudes et ça s’était plutôt pas mal passé. Je pense que les joueurs de l’OM et leur saison ne seront pas impactés. »