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Brandao, ils ne le supportent plus

Brandao

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Sifflé par quelques supporters samedi sur la pelouse du Parc des Sports d’Avignon (0-3), l’attaquant brésilien de l’OM qui n’a toujours pas marqué cette saison traverse une période trouble.

Samedi au Parc des sports d’Avignon, Didier Deschamps a retrouvé le sourire. Pourtant, malgré la large victoire de son équipe (3-0) chez la lanterne rouge, quelque chose l’a chiffonné : « On avait une grande majorité du public avec nous, explique Deschamps. Les supporters d’Arles-Avignon aiment bien l’OM, mais je regrette les sifflets à l’encontre de Brandao. J’espère que ce sont les supporters d’Avignon qui l’ont sifflé. Si ce sont des Marseillais, ce n’est pas une bonne chose. Cela ne servira ni sa cause, ni celle de l’équipe. »

Entré en jeu à la 80e minute à la place d’André Ayew, auteur d’un doublé, Brandao est depuis peu la cible d’une partie des supporters marseillais. Mais que reprocher à l’un des joueurs les plus combatifs du championnat ? « C’est un avant-centre et il ne marque pas, souligne Christian Cataldo, le président des Dodgers, même s’il ne cautionne pas les sifflets. S’il met 20 buts en plus de tout son travail, ce n’est plus Brandao, c’est Drogba ou Ibrahimovic ! A Marseille, on dit que c’est le seul Brésilien qui ne sait pas faire un crochet. Il a aussi à son actif des loupés magistraux. »

Pas un but en L1 depuis sept mois

L’énorme occasion manquée à Milan (1-1) la saison passée en Ligue des champions a marqué les esprits : « Mais tout le monde a oublié qu’il venait de faire 80 mètres pour la manquer, rappelle Michel Tonini, président des Yankees. Depuis, on a l’impression que tout le monde lui en veut. » Et pourtant, depuis son arrivée en janvier 2009, Brandao a été précieux dans l’équilibre collectif de son équipe.

En tout cas, sur la pelouse du Parc des sports, le Brésilien âgé de 30 ans a montré son agacement. « Ceux qui l’ont sifflé sont des ânes, juge Eric Di Méco, l’ancien défenseur marseillais né à Avignon. Ces gens ont oublié que ce garçon n’est pas allé au « carton » alors qu’un beau contrat l’attendait en Russie. » Cet été, le Rubin Kazan lui avait offert un pont d’or. Le staff olympien a fermé la porte à double tour. Et il s’est incliné, contrairement à Mamadou Niang ou Hatem Ben Arfa. Malgré le soutien inconditionnel de Didier Deschamps, le Brésilien traverse une période sombre. L’ancien joueur du Chakhtior Donetsk n’a plus marqué en L1 depuis le 4 avril (OM-Lens, 1-0) : « J’espère que cela va s’arranger, sinon ce garçon va partir, avertit Di Méco. Ce sera une grosse perte pour l’OM. » Michel Tonini va dans le même sens : « Siffler un tel joueur, c’est siffler les valeurs de l’OM. »

Aurélien Brossier