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Canal+: Stéphane Guy conteste son licenciement, des salariés se rassemblent en soutien

Stéphane Guy a décidé de contester son licenciement par Canal+. Des salariés se sont rassemblés devant le siège de la chaîne ce mardi, pour lui apporter leur soutien.

Le commentateur Stéphane Guy a "formellement contesté" son récent licenciement par Canal+ qui "porte atteinte" à "la liberté d'expression", a annoncé ce mardi à l'AFP son avocat, le jour où plusieurs dizaines d'anciens collègues lui apportaient leur soutien par un rassemblement devant le siège de la chaîne.

Stéphane Guy, 23 ans de maison chez Canal et voix phare du foot français, a été limogé la veille de Noël pour avoir apporté son soutien à l'humoriste Sébastien Thoen, lui-même renvoyé début décembre pour une parodie visant CNews, la chaîne info du groupe, dont la maison-mère Vivendi est contrôlée par le milliardaire Vincent Bolloré.

"Encore sous le choc" et "abasourdi par l'injustice de la sanction", Stéphane Guy entend en contester "la validité", tant "elle porte atteinte de façon flagrante à cette liberté fondamentale qu'est la liberté d'expression", a indiqué son avocat Olivier Khatchikian dans un communiqué. "Cela fait partie des cas exceptionnels où le licenciement peut être frappé de nullité", a-t-il assuré, ajoutant étudier "toutes les voies de réparation".

Contacté par l'AFP, Me Khatchikian a précisé que le licenciement de son client venait d'être "formellement contesté", sans plus de détails. "Les multiples témoignages de soutien, notamment de la part de ses collègues de Canal+", donnent à Stéphane Guy "la force de tenir le coup", a-t-il ajouté.

Des salariés masqués devant le siège de Canal+

Quelque 70 manifestants, principalement issus de la rédaction des sports, se sont rassemblés ce mardi une dizaine de minutes devant les locaux de Canal+, aux portes de Paris, sans prendre la parole ni montrer leurs visages, couverts d'un masque à l'effigie du commentateur, a constaté un photographe de l'AFP. 

Une façon de "signifier" qu'ils étaient "tous des Stéphane Guy potentiels, tous susceptibles d'être sanctionnés, licenciés abusivement pour un mot de travers, un salut amical à un collègue à l'antenne", selon un communiqué.

"Nous voudrions pouvoir nous exprimer librement, à visage découvert mais le climat de peur qui règne et les intimidations répétées nous en empêchent", ajoutent les auteurs du communiqué, réaffirmant leur "attachement à la liberté d'expression".

"Ce communiqué et ce rassemblement étaient à la fois un soutien, un au revoir et un message" à la direction, selon un salarié du groupe Canal+ qui a requis l'anonymat. 

Cette initiative vient s'ajouter aux nombreux hommages et réactions indignées qui se sont accumulés depuis Noël. Une pétition réclamant la réintégration de Stéphane Guy avait ainsi récolté près de 6.000 signatures mardi après-midi, deux semaines après son lancement par deux fans abonnés de Canal+ sur le site Change.org.

Dans une tribune publiée fin décembre dans Le Monde, l'entraîneur et ex-international de football Paul Le Guen s'adressait lui directement à Vincent Bolloré pour contester l'éviction du "meilleur commentateur de football" qu'il connaisse.

+Libres, le premier syndicat du groupe Canal+, s'était dit "indigné et choqué" par ce licenciement, "tant sur le fond que sur la forme", la Société des journalistes (SDJ) de Canal+ déplorant de son côté "des atteintes répétées à la liberté d'expression".

la rédaction avec l'AFP