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Carrasso : « C’est parfois fatigant »

Cédric Carrasso

Cédric Carrasso - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Malgré son inconstance, Bordeaux reste en course pour une place dans le Top 5 de L1 avant de recevoir Lyon, dimanche (21h). Son gardien et capitaine Cédric Carrasso fait le point, entre découragement, réalisme et volontarisme forcené.

Cédric, quel souvenir gardez-vous de cette claque reçue la saison passée à Chaban-Delmas contre Lyon (0-4) ?

C’était une au milieu au milieu du huitième de finale de Ligue Europa contre Benfica. On avait explosé physiquement et mentalement parce qu’on avait cette campagne européenne, avec des gros matches où on laissait de l’énergie à chaque fois. Ce jour-là, on a essayé de pousser pour marquer pendant les 30 premières minutes mais a lâché après le premier but de Lyon. On a lâché le fil. C’était le match de trop.

Peut-on imaginer l'inverse, dans la mesure où c

Est-ce qu’ils ont laissé autant d’énergie que nous l’année dernière ? Je ne suis pas sûr. Il faut voir. Chaque équipe est différente, chaque période est différente. Je ne sais pas mais je m’attends à un match accroché car Lyon est quand même assez régulier ces derniers temps.

Que pensez-vous de cette équipe ?

Elle a eu des difficultés en début de saison et elle est revenue. Elle fait une saison comme nous l’année dernière. Ils sont dans le coup en championnat, sont en finale d’une coupe (la Coupe de la Ligue le 19 avril contre le PSG) et continuent en coupe d’Europe. Ils vont avoir une longue saison, avec beaucoup de matches. Il y a des joueurs vraiment intéressants. C’est une belle équipe, il n’y a rien à dire.

Quel résultat pouvez-vous espérer ?

Le problème est tout simple. On a une équipe qui est capable d’être dans les cinq premiers si elle joue à 100% tout un match. Dans le cas contraire, elle n’en est pas capable. Aujourd’hui, il y a des hauts et des bas. Quand on joue contre des équipes qui jouent la même chose que nous, comme Lyon, on a encore moins le droit à l’erreur. Si on fait le même début de match que contre Lorient (victoire 3-2), Lyon nous marquera un ou deux buts. Et courir après le score, ce n’est pas facile pour nous.

« Plus haut de la cinquième place, je ne pense pas »

Êtes-vous frustré de ne jouer que les places européennes et plus les premiers rôles ?

Quand on est habitué à jouer au haut niveau, on est frustré parce qu’on a toujours envie de réussir et on y croit toujours. Je ne me suis jamais vu entrer dans un match en me disant : « On va perdre aujourd’hui, comment on va faire ? » Le jour où ça arrivera, j’arrêterai le football. J’y vais toujours en me disant que si on fait le match parfait, on repart au moins avec un 0-0.

A quel moment pouvez-vous baisser les bras ?

Cela arrive dans les matches où on est beaucoup sollicité, où on espère qu’à un moment donné ça va tourner et que ça ne tourne pas et qu’on prend toujours un but à la 70e minute. Ou sur des matches abordables où on se dit qu’on ne va jamais revenir. Dans la répétition des scénarios, c’est parfois fatigant.

Comment expliquez-vous votre inconstance cette saison ?

La concentration, la peur de se faire battre et ainsi de suite. Est-ce qu’on a un groupe qui fonctionne comme ça à force ? Il faut peut-être l’accepter et savoir vivre avec cela, avec nos défauts. Aujourd’hui, j’espère que tout le monde prendra conscience que quand on joue telle équipe, on a plus peur, donc on s’applique plus. Il faut trouver cet équilibre. Aujourd’hui, on ne l’a pas, parce que c’est inconstant. On sait très bien que si on veut arriver à un objectif qui est jouable aujourd’hui, il va falloir cette constance, sinon on ne passera pas.

A quelle place peut finir Bordeaux cette saison ?

On a une équipe capable d’accrocher la cinquième place. Plus haut, je ne pense pas. A un moment donné, la réalité est là. On n’a pas l’effectif ou les joueurs d’avant, situation économique oblige. C’est comme ça, il faut savoir l’accepter même si c’est dur. Moi, je l’ai accepté. Ça ne veut pas dire qu’on n’a pas envie d’arriver le plus haut possible. Mais jusque-là, on avait les joueurs capables de faire l’exploit. Et des exploits, il y en a de moins en moins. Pourquoi ? Parce qu’on n’est pas au niveau de certaines équipes.

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Propos recueillis par Olivier Schwartz