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Carrasso : « Ça va être très compliqué »

Cédric Carrasso

Cédric Carrasso - -

Le gardien bordelais Cédric Carrasso reconnaît que son équipe, qui reste sur trois défaites et une piteuse élimination en Coupe de France, vit une période difficile. Un constant sans fard mais pas sans espoir avant la réception de Saint-Etienne, dimanche.

Cédric, comment expliquez-vous la mauvaise passe bordelaise ?

On est arrivé à la trêve avec un bilan intéressant, après une belle remontée et une dynamique positive. On reprend par un match difficile à Raon-l’Etape (victoire 2-1 en 32e de finale de la Coupe de France) et, dès le derby de la Garonne (défaite 1-0 à domicile contre Toulouse), on a eu de grosses difficultés. On s’est dit que c’était peut-être une erreur de parcours. Après la défaite contre Paris (1-3 en Coupe de la Ligue), on s’est juste dit qu’ils étaient plus forts parce que c’était Paris. Mais derrière, il y a Bastia (0-1) et Ile-Rousse (pensionnaire de CFA 2 qui a éliminé Bordeaux aux tirs au but en 16e de finale de la Coupe de France). Et là tu te rends compte que tu ne peux pas toujours te cacher derrière des excuses. Aujourd’hui, il y a une réelle difficulté et un sommet à gravir. Quand on regarde la qualité de l’effectif quand on n’est pas concentré à 100% et qu’il y a des absents, on voit que ça va être très compliqué. Aujourd’hui, on a la chance d’avoir déjà 31 points et on va savoir sur les trois ou quatre prochains matches ce qu’on va pourvoir jouer. Très franchement, je ne sais pas ce qu’on est capable de faire.

Quelles sont les raisons de cette inconstance ?

C’est le grand mystère bordelais depuis trois ans. Tu peux te chercher toutes les excuses : il n’y a pas les attaquants, pas les défenseurs, l’entraîneur n’est pas ci, le président n’est pas ça, l’actionnaire… mais à un moment donné, le problème vient des joueurs. Les mecs veulent bien faire mais il y a un manque de conscience de la chose. On a un effectif qui a tendance à s’enflammer quand on gagne trois ou quatre matches d’affilée et à s’enfoncer après deux défaites. C’est propre au football d’aujourd’hui. Ces mentalités-là sont difficiles à changer. C’est difficile d’inculquer cette rigueur. Il y a de la jeunesse mentale dans ce groupe.

Le discours des anciens est-il tout de même écouté ?

Oui, mais périodiquement. Dans l’urgence, on va t’écouter et dire : « Il a raison, il faut se bouger. » Mais après quelques matches, c’est oublié et hop, tu reperds. C’est propre aussi à Bordeaux parce qu’on a des jeunes joueurs qui débutent. C’est dur à dire mais c’est beaucoup plus facile qu’avant d’être joueur professionnel, d’évoluer dans des bonnes conditions de jeu, dans un confort de vie au quotidien, pour ne pas dire financier etc. Ça va beaucoup plus vite qu’avant. Nous, avant, il fallait un quota de matches pour être pro. Aujourd’hui, ils ont cette facilité-là. Au bout de 10 matchs en Ligue 1, il suffit que tu mettes 7 buts et 3 passes décisives pour être présélectionné en équipe de France.

Pensez-vous avoir les moyens d'inverser la tendance ?

Il n’y a pas le choix. Je pense qu’il faut enrayer la spirale le plus vite possible. Mais l’enrayer comment ? En étant solidaires. Il faut essayer de commencer par ne pas perdre. Ce serait bien parce qu’on a un calendrier difficile. Il vaut mieux avoir l’idée de ne pas perdre contre Saint-Etienne (dimanche) parce que le match d’après (un déplacement à Paris, ndlr), ça va être compliqué. Je ne sais pas, je vais faire une copie à chacun du match de Lille (1-0) pour voir ce qu’ils ont fait, pour leur montrer ce que c’est de s’accrocher sur un match. On sait le faire, donc on va le faire.

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Propos recueillis par Olivier Schwarz