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Chalmé : « On verra dans sept ans… »

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Mathieu Chalmé refuse que Bordeaux, actuel leader de Ligue 1, soit considéré comme le grand favori du choc de la 17e journée de L1 ce soir face à l’Olympique Lyonnais (21h). Le défenseur girondin voue un grand respect à l’OL.

Mathieu Chalmé, la pression monte-t-elle doucement chez vous à moins de 24 heures du choc face à Lyon ?
De la pression ? Pourquoi ? On n’est pas dans une situation dans laquelle on est obligé de gagner. Bordeaux a la chance d’être devant au classement. Si on gagne, on peut mettre les Lyonnais à une certaine distance. Ce n’est pas non plus le match de l’année, ça reste une rencontre à trois points.

Bordeaux supplante-il Lyon aujourd’hui ?
Au classement, oui. Pour le reste… Tout le monde parle d’une passation de pouvoir. C’est faux. Lyon a tellement dominé pendant sept ans. Ce n’est pas parce qu’on leur a enlevé le titre la saison dernière et qu’on est devant eux aujourd’hui que Bordeaux a dépassé Lyon. Il faut essayer de continuer dans le même état d’esprit et la même philosophie de jeu. On verra dans sept ans où on en sera.

Cinq points séparent l’OL de votre équipe. Cet écart, est-ce véritablement celui entre les deux clubs cette saison ?
Je ne sais pas. Je me focalise d’abord sur les résultats de Bordeaux. Le club n’a pas tout gagné. On aurait pu prendre plus d’avance en championnat aussi. Si je commence à étudier la situation des uns et des autres, je n’aurais pas fini…

« Lisandro, l’atout majeur »

L’une des forces de Bordeaux cette saison, c’est sa défense, aussi intraitable en Ligue des Champions qu’en L1.
Si on veut terminer sur le podium ou être champion, il faut encaisser peu de buts. C’est plaisant de voir ça quand on est défenseur. Un équilibre a été trouvé. On est sur la bonne voie mais il ne faut pas se relâcher. On a vu ce qu’un tel comportement pouvait avoir comme conséquences sur nous. On en a pris trois à Saint-Etienne, deux à Lille (pour deux défaites, ndlr). On ne peut pas accepter ça.

Lisandro Lopez fera-t-il l’objet d’une concentration toute particulière de votre part ?
C’est l’atout majeur de Lyon en ce moment, le joueur capable de faire la différence pour ce club. Il a inscrit un triplé à Lille, qui est une référence en défense à domicile. Quand il aura la balle, il faudra être vigilant. Mais il y a également Bastos, Pjanic à surveiller. On va essayer de jouer comme d’habitude et de faire en sorte que les joueurs lyonnais touchent le moins possible le ballon.

Quels sont les autres atouts lyonnais que vous craigniez ?
Il y a Lisandro comme je l’ai dit, la qualité de centres et de frappe sur coup franc de Michel Bastos et puis le gardien de but, Lloris, qui est énorme. Mais bon, en ce moment, les Lyonnais encaissent beaucoup de buts. Ils doivent donc laisser des espaces. A nous d’en profiter. Toutefois, on ne se concentre pas sur leurs forces et sur leurs faiblesses. On va se concentrer sur nous. On sait qu’on est capable de faire de gros matches, on l’a fait chez eux. Ce n’est pas pour autant que Bordeaux est reparti de Gerland avec un point. Si on est au niveau de ce rendez-vous, on peut gagner. C’est notre ambition en tout cas.

A la différence des Lyonnais, qui jouaient la première place cette semaine de leur groupe de Ligue des champions, Bordeaux a pu faire tourner son effectif à Haïfa. Un avantage considérable, non ?
C’est sûr. On perd moins d’énergie dans la semaine. On a eu la chance de faire le boulot avant, de se qualifier et de terminer premiers. Cela devrait nous permettre, je l’espère, d’être plus frais dimanche.

« Puel ? On aime ou on n’aime pas… »

Les cinq points d’avance que vous avez sur Lyon devraient vous donner plus de confiance…
La saison dernière, quand Lyon nous bat au match aller, l’OL compte neuf points d’avance sur nous. Cela ne nous a pas empêché de finir champion. Rien n’est définitif et nous sommes bien placés pour le savoir. On part dans l’optique d’avoir des jokers sur Lyon. On a su reprendre notre marche en avant depuis trois-quatre matches. C’est important de continuer comme ça. L’année dernière, on a dû gagner onze matches d’affilée pour être champion. Les séries, on le sait, sont très importantes. A nous de faire durer celle que l’on vit en ce moment le plus longtemps possible.

Un petit mot pour finir sur Claude Puel, votre ancien entraîneur à Lille. Ses méthodes d’entraînement sont actuellement critiquées. Sa façon de faire et celle de Laurent Blanc doivent forcément être bien différentes, non ?
Chacun sa méthode. J’ai eu des résultats avec les deux. Elles sont complètement différentes. Je n’ai pas été champion avec Lille, mais j’ai fait un huitième de finale de Ligue des champions, j’ai été une fois deuxième, troisième… Claude Puel a hissé le LOSC au plus haut niveau. La méthode de Laurent Blanc, je l’aime beaucoup. Mais celle de Puel, à l’époque, je m’en contentais. Je peux comprendre que cela puisse être usant mais en même temps, ce coach vous apporte énormément de choses sur des plans différents. Après, on aime ou on n’aime pas.

O.S. (RMC Sport)