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Dassier : « Il faut casser la baraque cette année »

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Jean-Claude Dassier était notre invité. Le président de l’OM a de grandes ambitions pour son club dès cette saison.

Jean-Claude Dassier, l’intersaison a été mouvementée du côté de Marseille avec le décès du propriétaire du club Robert Louis-Dreyfus, l’accident mortel au Stade Vélodrome, la nouvelle équipe dirigeante, et dernièrement votre recrue-phare, Lucho Gonzalez, qui s’est blessé… C’est la poisse…
C’est vrai qu’on a eu un début de saison un peu compliqué. J’espère que cela nous garantira une fin de saison plus sereine. J’espère aussi que ce n’est pas moi qui leur porte la guigne. Non plus sérieusement, le gros coup dur a été le décès de Robert Louis-Dreyfus quelques jours après mon arrivée. Cela nous a fait de la peine, et évidemment beaucoup perturbé. Heureusement, la famille de Robert a rassuré tout le monde concernant l’avenir du club. Je crois d’ailleurs pouvoir dire que son épouse viendra avec ses enfants au Vélodrome, le 30 août, pour le match contre Bordeaux pour bien marquer le soutien de la famille Louis-Dreyfus à ce club. Robert avait une passion folle pour le football et pour l’OM, mais maintenant c’est à elle de dire ce qu’elle envisage dans la durée.

L’équipe marseillaise a été profondément renouvelée, avec une dizaine de transferts. Au total, on est à combien ? Une quarantaine de millions d’euros ?
Non, beaucoup moins. On est en dessous de 30M€, car il ne faut pas oublier que l’on a vendu aussi. Le tout est de gérer l’effectif. Il y avait beaucoup de joueurs à Marseille. Beaucoup sont partis, d’autres sont arrivés. Il y a un différentiel pour le moment, mais le mercato n’est pas fini.

Vous avez notamment dépensé 18 millions d’euros pour Lucho Gonzalez (le plus gros transfert de l’OM). Comptez-vous encore recruter ?
Non, c’est terminé. Notre dernière recrue est Gabriel Heinze, qui est une magnifique acquisition. C’est un joueur absolument formidable, très important sur le terrain et dans les vestiaires. Un vrai gagneur ! Si c’est sûrement fini pour les arrivées, cela ne l’est pas forcément du côté des départs. Le mercato dure jusqu’à la fin du mois d’août. Pour l’instant, on est "dans les clous" financièrement, mais surtout on est dans ce que souhaitait (l’entraîneur) Didier Deschamps. On a beaucoup de chance de l’avoir, et on s’est tous mis à son service pour bâtir l’équipe qu’il souhaitait.

Pourquoi avoir autant renouvelé une équipe qui a terminé deuxième de Ligue 1 la saison passée ?
L’entraîneur a une ambition, partagée par son président : être champion cette année et décrocher un titre. Il faut en permanence améliorer l’équipe. Didier a une vision. Il ne débarque pas dans le football, vous savez…

Lui-même dit pourtant que la stabilité a du bon. Ne pouvait-il pas faire comme à Bordeaux et simplement enrichir l’équipe ?
(Didier Deschamps) bâtit l’équipe telle qu’il la souhaite, telle qu’il la veut pour la faire jouer telle qu’il l’entend. C’est sa responsabilité. La stabilité est nécessaire, mais sur les bases qu’il souhaite et avec le système qu’il entend mettre en place. C’est à partir de ce nouveau socle qu’on pourra bâtir, j’espère, une nouvelle équipe. On ne travaille pas que pour la saison qui vient.

Plus personnellement, comment se passe votre nouvelle vie de président de l’OM ?
Pour l’instant, c’est un peu compliqué car je suis encore à l’hôtel, ma petite famille n’est pas encore installée… Mais tout ça c’est de l’anecdote. Le championnat démarre samedi, c’est ça le plus important. Les choses sérieuses commencent.

Vous voyez-vous durer dans ce métier ?
Je suis là pour trois ans. Je ne suis pas sûr que les responsables me renommeront dans trois ans. Je ne suis que président-manager, et j’ai des comptes à rendre aux propriétaires du club, qui sont les vrais patrons. Nul n’a le droit de l’oublier, sinon ça se termine toujours très mal.

Comment expliquez-vous la popularité de l’Olympique de Marseille ?
Marseille, c’est notre Barcelone. C’est Naples ou les grands clubs italiens. Il y a une passion, un amour pour le football que l’on ne rencontre nulle part ailleurs. Cela a beaucoup d’avantages, mais aussi quelques inconvénients car tout prend des proportions un peu excessives parfois.

Par exemple pour la délocalisation à Montpellier du match face à Lille ?
Oui, tout s’est globalement bien passé avec les supporters mais ils ne sont pas contents. (…) On va les dédommager en leur faisant une petite ristourne sur le « Pack Europe » et on leur a fait un tarif de match "bienveillant" pour en avoir un maximum qui se déplacent à Montpellier.

Après l’effondrement de la scène du concert de Madonna, pouvez-vous nous dire combien de matches n’auront pas lieu au Stade Vélodrome ?
Un seul : celui du 16 août où on reçoit Lille et qu’on sera obligé de jouer à la Mosson (Montpellier). On ne pouvait pas faire autrement. On aurait bien demandé le report du match, mais je suis certain que la Ligue nous l’aurait refusé.

Vous ne pouviez pas jouer à Lille ?
L’inversion n’était pas souhaitée par les dirigeants lillois. Chacun défend ses intérêts et ils préféraient jouer le match retour à domicile. C’est compréhensible.

Pour terminer, quelle est votre objectif cette saison ? Avec une telle équipe, on vous reprocherait de ne pas gagner de titres…
Chacun s’accorde à dire qu’on a une équipe solide, talentueuse et expérimentée. Ce serait donc incompréhensible de faire une mauvaise saison. Je ne l’envisage pas une seconde. Evidemment, on veut un titre. Il faut casser la baraque cette année. Si on est champion, ce sera magnifique. Si on a la Coupe de France, ce sera somptueux. Si on a la Coupe de la Ligue, ce sera déjà pas mal... On va se battre pour faire la meilleure saison possible.

La rédaction