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Diouf : « Quand on est président de l’OM… »

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Invité de l’Intégrale Euro, l’ancien patron de l’OM n’a pas mâché ses mots au sujet du management de Vincent Labrune, son successeur, en poste depuis un an. Diouf a également parlé de ses anciens protégés phocéens actuellement à l’Euro.

Pape, que pensez-vous de cette équipe de France ?

Il y a des motifs de satisfactions. Cette équipe monte crescendo avec la confirmation de certaines valeurs individuelles. On retrouve le Ribéry de l’OM lors de sa première année (2005-06). Il a retrouvé du jus. Benzema n’a pas encore marqué mais il est assez présent. Ménez, il faut parfois lui tirer les oreilles à cause de sa nonchalance, mais il démontre des qualités intéressantes.

Avez-vous quelques réserves ?

Oui, au sujet de la défense. On a vu, lors du match le plus abouti contre l’Ukraine (2-0), des approximations d’entrée avec Mexès.

Voyez-vous les Bleus aller loin dans cet Euro ?

Je suis assez sceptique quant à une victoire finale. Mais on voit dans cet Euro que tout peut arriver. Je ne suis pas convaincu, par exemple, que l’Italie soit l’adversaire idéal en quart de finale. Cette équipe me rappelle l’Italie de 1982 qui est allée gagner la Coupe du monde après avoir commencé petitement.

Vous avez fait venir Ribéry à l’OM. Avez-vous été inquiet pour lui ?

J’ai toujours gardé confiance en lui. Même s’il n’avait pas été bon dernièrement avec l’équipe de France, il l’était avec le Bayern. Il fallait trouver la fibre appropriée pour qu’il revienne. C’est l’un des talents de Laurent Blanc.

Ben Arfa et Valbuena, deux de vos anciens joueurs à l’OM, peuvent avoir une belle carte à jouer…

Ce sont deux garçons qui ont les qualités les plus adéquates pour jouer face à une athlétique équipe suédoise. Tout le monde attend Ben Arfa. Quant à Valbuena, il n’a jamais déçu en équipe de France. Avec ses qualités, il peut apporter quelque chose de nouveau à cette équipe.

Comme pour Ribéry, étiez-vous inquiet pour Ben Arfa ?

Inquiet, non, mais désolé, oui. Sans sa blessure, il aurait démontré plus tôt ses qualités. Dès ses premiers matches avec Newcastle, il avait montré des choses intéressantes. Son retour me fait immensément plaisir.

Parlons un peu de l’OM. De nombreux supporters s’interrogent…

Le supporter de base que je suis redevenu s’interroge aussi. Il y a un calme plat inhabituel du côté de la Commanderie. A l’OM, il faut faire bouger les choses. J’ai pour habitude de dire qu’il faut créer l’événement. L’OM ne vit et ne se nourrit qu’à travers cela. Il y existe un calme assez embarrassant.

Est-ce un problème sportif ou de gouvernance ?

Il y a tout. On a voulu se défausser sur Didier Deschamps. On ne peut pas le considérer comme le seul responsable de la morosité actuelle. Le vrai problème de l’OM est un problème de responsabilité à tous les échelons. Aujourd’hui, tout le monde se défausse sur Didier Deschamps.

Vincent Labrune ne prendrait pas toutes ses responsabilités, notamment après le clash Deschamps-Anigo ?

Ça, c’est le problème connu dont tout le monde parle sur la place publique. Il existe. On ne peut pas le nier. Quand on est président de l’OM, il faut être prêt à donner des coups et à en recevoir. On ne peut pas essayer de trouver des solutions conciliatrices qui sont introuvables, ni essayer de concilier la bienveillance de la presse. On ne peut pas gérer l’OM comme ça. Il faut être là, être devant, prendre et donner des coups. On ne peut pas se cacher. Le conflit Deschamps-Anigo doit être réglé. Rester dans cette position, c’est empoisonner une situation un peu malsaine.

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