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El-Arabi, l’avènement d’un prodige

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Auteur de deux buts, face à Marseille et Lyon, l’attaquant caennais est l’une des attractions de ce début de championnat. A 23 ans, il donne enfin la pleine mesure de son talent. Après un parcours quelque peu chaotique.

Certains doutaient de sa capacité à briller au plus haut niveau. En deux matches, Youssef El-Arabi leur a répondu. Après avoir inscrit le but de la victoire (2-1) la semaine passée à Marseille, le jeune attaquant du Stade Malherbe de Caen a récidivé ce week-end face à Lyon (victoire 3-2). Il ne lui a même fallu que deux minutes pour ouvrir le score d’un lob plein de sang-froid…

A 23 ans, le prodige franco-marocain est l’attraction de ce début de saison. Sa palette technique impressionne. Roulette, passements de jambes, petits ponts… il en a fait voir de toutes les couleurs aux défenseurs des deux « Olympique ». Catapulté sur le devant de la scène, il refuse pourtant de s’enflammer. « La ligue 1 j'en rêvais, maintenant il faut que j'apprenne, que je confirme en faisant une saison pleine », glisse celui qui fait actuellement le ramadan. Une humilité qui n’a pas toujours accompagné son ascension.
Repéré à 15 ans, le natif de Caen intègre le centre de formation du Stade Malherbe. Son aisance balle au pied est au-dessus de la moyenne, mais son manque de sérieux et de maturité poussent les dirigeants normands à s’en séparer. Retour dans sa ville d’origine, à Hérouville-Saint-Clair, en banlieue caennaise. Avant que Mondeville, un autre club de la région, ne lui propose une place en CFA, puis en CFA2.

Une préférence pour le Maroc

El-Arabi profite de ces trois saisons pour corriger ses lacunes et se forger une mentalité exemplaire. Si bien, que Caen lui offre une deuxième chance en 2007. D’abord en réserve, avant d’intégrer l’équipe professionnelle l’année suivante. Après trois bouts de matches en L1, il assiste impuissant à la relégation du club calvadosien.

Suite aux départs des stars (Savidan, Ben Khalfallah…), l’ancien joueur de l’équipe de France Espoirs de Futsal s’impose comme titulaire en L2. Il termine meilleur buteur du club avec 11 buts et 8 passes décisives. « On savait qu'il avait le talent et l'amour du jeu, après il fallait qu'il montre sa détermination, explique Sébastien Bannier, directeur du centre de formation caennais. Pour tous les jeunes du club, il est devenu un exemple. »

Un exemple que le Maroc suit de très près. Il se murmure qu’Eric Gerets pourrait le convoquer prochainement en sélection nationale. Le joueur, qui possède la double nationalité, a déjà affiché sa préférence pour les Lions de l’Atlas.

Alexandre Jaquin