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Faut-il s’inquiéter pour le PSG ?

Ezequiel Lavezzi face à Ricardo Faty

Ezequiel Lavezzi face à Ricardo Faty - -

Après un non-match à Ajaccio dimanche (0-0), le PSG compte deux points en deux journées de Ligue 1. Insuffisant pour une équipe appelée à régner sur l’Hexagone. Une réaction est attendue au plus vite. Sous peine de vivre des semaines difficiles.

Un état d’esprit à revoir
« De la suffisance ». Le mot est sorti de la bouche de Carlo Ancelotti. Le coach du PSG l’a employé pour qualifier la première mi-temps de son équipe. Il aurait pu élargir son propos à l’ensemble du match. Dans la chaleur d’Ajaccio, Paris a laissé son envie au vestiaire dimanche. « On a manqué d’agressivité, regrette le capitaine Christophe Jallet. « Il faut qu’on ait plus de motivation et de concentration », appuie Mamadou Sakho. Au sein d’une Ligue 1 décidée à s’offrir son scalp, le club de la capitale ne doit pas se voir trop beau. Sous peine de connaître d’autres désillusions. « Tout le monde nous voit champion mais la vérité est sur le terrain et il faut prouver », résume Blaise Matuidi. A ce niveau-là, le PSG a encore du boulot.

Un schéma tactique à trouver
En l’absence de Zlatan Ibrahimovic, Carlo Ancelotti, adepte du 4-3-2-1, a dû revoir ses plans pour proposer un 4-3-3. Comme en fin de saison dernière, le technicien italien a choisi de se passer d’un avant-centre de métier. L’animation offensive a été confiée à Jérémy Ménez, Ezequiel Lavezzi et Nene. Résultat : une seule occasion franche, aucun but marqué (une première depuis le 12 février dernier) et un jeu proche du néant. « On n’a pas eu de bonnes combinaisons devant, constate Ancelotti. On a perdu trop de ballons. Ce n’était pas facile de trouver les solutions pour marquer. » Derrière l’apathie de ses attaquants, le bloc parisien s’est montré plutôt solide. Mais la bonne formule reste encore à trouver. « On cherche un meilleur équilibre et une meilleure organisation », reconnait Ancelotti.

Quel rôle pour Pastore ?
Il était très attendu pour son premier match officiel de la saison. Mais Javier Pastore a déçu. Repositionné plus bas, dans le cœur du jeu, le milieu de terrain de 23 ans a rendu une copie médiocre. S’il est le Parisien qui a touché le plus de ballons (70), il est aussi celui qui en a le plus perdus (21). Inspiré et tranchant lors des matches amicaux, l’Argentin, qui a bénéficié d’une préparation complète, a manqué de justesse en Corse. Malgré quelques éclairs, il a parfois donné l’impression de jouer sans forcer. Son nouveau rôle implique une plus grande implication, notamment défensive. Un domaine où « El Flaco » va devoir se faire violence. A moins qu’il ne retrouve rapidement un rôle plus offensif.

Les choix d’Ancelotti
A la tête d’un effectif pléthorique, Carlo Ancelotti va devoir faire les bons choix cette saison. Ses compositions d’équipe seront observées avec attention. Et les deux premières peuvent déjà prêter à débat. Contre Lorient (2-2), le technicien italien a ainsi laisser Nene sur le banc au profit de Menez et Lavezzi, pourtant en méforme. Il a également choisi de se passer de Matuidi, véritable poumon du milieu parisien. A Ajaccio, le Mister a une nouvelle fois reconduit Menez et Lavezzi, exclu pour un mauvais geste. Kevin Gameiro et Guillaume Hoarau, qui auraient pu amener de la présence devant, étaient sur le banc au coup d’envoi. Idem pour Marco Verratti. Le prodige italien, convaincant depuis son arrivée, a remis le PSG a l’endroit dès son entrée en jeu. De quoi envisager un turn-over dimanche face à Bordeaux ?

Les stars déjà indispensables ?
En trois matches, deux amicaux (DC United, Barça) et un officiel (Lorient), il a déjà inscrit quatre buts. Sans lui, le PSG est resté aphone sur la pelouse de l’ACA. Zlatan Ibrahimovic serait donc déjà indispensable ? Pas encore. Mais l’absence du géant suédois sera forcément pénalisante cette saison. Imperméable à la pression, l’ancien attaquant du Milan AC, également incertain pour la réception des Girondins, est un compétiteur hors-pair. Sa grinta et sa classe ont manqué en Corse. Tout comme celles de Thiago Motta, patron désigné du milieu de terrain. Derrière, Paris a tenu avec Alex et Sakho. Mais l’arrivée de Thiago Silva, qui pourrait débuter face à Bordeaux, devrait amener plus de sérénité.

Alexandre Jaquin