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Federer : « J’aime toujours autant jouer au tennis »

Le Suisse savoure son succès à Wimbledon. Mais plus que le record de quinze victoires en Grand Chelem, c'est le plaisir de jouer au tennis qui anime Roger Federer aujourd'hui

Le Suisse savoure son succès à Wimbledon. Mais plus que le record de quinze victoires en Grand Chelem, c'est le plaisir de jouer au tennis qui anime Roger Federer aujourd'hui - -

C’est un Roger Federer épuisé mais heureux qui s’est présenté en conférence de presse. Le Suisse savoure son record de victoires en Grand Chelem mais insiste sur son plaisir de jouer et de côtoyer les grands champions, que sont John McEnroe, Bjorn Borg et Pete Sampras.

Roger Federer, quel match !
La fin de la rencontre était complètement folle parce qu’après avoir gagné les deuxième et troisième sets je me suis quand même dit que j’aurais ma chance pour le breaker. Je l’ai eu plusieurs fois mais je n’y arrivais pas. Il variait bien son service, il a mis énormément de puissance dedans. J’ai quand même pensé qu’après ses deux tie-break, il aurait du mal à se relever mais il servait tellement bien. Ça lui a toujours laissé sa chance. C’était difficile de rester calme car soit il servait bien, soit je faisais une erreur, donc ça ne me mettait pas vraiment en confiance, mais ça a quand même fini par marcher… Je suis tellement content...

Quinze victoires en Grand Chelem, c’est historique...
C’est clair qu’un quinzième titre en Grand Chelem, c’est complètement fou ! Je me réjouis énormément de ce que j’ai accompli parce qu’il fallait rester calme, tout donner, et c’est pour ça que je suis épuisé là...

Racontez-nous un peu la balle de match...
La balle de match s’est très vite passée, je ne me souviens pas s’il y avait 15-30 ou 0-30 s’il est revenu ou s’il y avait égalité… Je ne m’en souviens pas mais en tout cas quand j’ai eu la balle de match, j’ai senti que cela pouvait vraiment être la bonne. J’avais raté tellement d’occasions, soit il servait bien, soit je manquais de peu la ligne de fond par exemple… Donc je me suis dit que si seulement une fois dans ce match je pouvais entrer correctement dans un échange, je savais qu’il ne serais plus aussi confiant. Il était un peu fatigué et dans ce cas-là, les yeux et le corps font des choses toujours bizarres. Du coup, j’espérais qu’il fasse une faute également.

Vous êtes sur une formidable série en ce moment.
Oui, c’est beaucoup. Si je regarde un peu en arrière, je n’ai plus perdu depuis Rome. Roland-Garros, le doublé avec Wimbledon. Ça s’est aussi quelque chose d’incroyable. Ce sont des mois monstrueux dans ma carrière. Je pense que ça va être difficile de connaître encore ça dans le futur. J’en suis conscient. Il y a plein de choses, beaucoup de succès, beaucoup d’honneurs. Je suis réjoui pour la suite car j’aime toujours autant jouer au tennis.

De quelle façon la finale perdue l’an passée face à Rafael Nadal a pu vous aider dimanche ?
Tu te dis peut-être un petit peu que tu as perdu l’année dernière et que tu dois gagner cette année. Mais à l’époque, le match était complètement différent. Il avait fait nuit à la fin du match, les échanges se jouaient du fond de court. Je me suis juste dit cette fois : « je suis exactement là où je veux être, à 13 partout, à deux jeux de la victoire ». J’aurais pu voir les choses de manière négative mais je suis resté positif. J’y ai cru jusqu’au bout. Ça, c’est peut-être grâce à l’année dernière et aux premiers instants du match durant lesquels je n’y avais pas trop cru. Et puis Rafa avait été trop fort. Cette fois, j’ai eu la chance de mon côté.

Qu’est-ce qui a été le plus dur ? Etre mené 6-2 au tie-break du deuxième set et les deux balles de break en faveur de Roddick, à 8-8, 15-40 dans la dernière manche ?
Le plus difficile, c’est de prendre le 8 partout, 15-40. C’est vraiment là où ça se décide. Même si je perds le deuxième set, peut-être que je me serais quand même retrouvé à 8-8 15-40. Il n’avait pas la victoire au bout de sa raquette puisque c’est moi qui servait mais c’était tout comme. J’ai bien servi et c’est certainement ce qui m’a fait gagner le match aujourd’hui.

Pete Sampras était présent en tribunes. Il a déclaré que vous étiez le plus grand joueur de l’histoire du tennis. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
C’est super qu’il soit venu. C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai joué avec lui en exhibition contre lui, de passer du temps avec lui, de parler avec lui, de voir comment il jouait. Cela m’a peut-être inspiré, motivé de battre son record même si ce n’était pas mon objectif principal… et que tout le monde pense le contraire. Passer du temps avec de grands champions avec lui, McEnroe, Borg, les gens ne doivent peut-être pas le comprendre. Mais le tennis, ce n’est pas que des coups droits, des revers et des titres. Il faut aussi prendre un peu de plaisir. Jouer du double, manger avec eux le soir… Je pense qu’avec Sampras, on a une sorte de connexion, avec tous ces records. On a exactement dix ans d’écart mais on est similaire. C’est fantastique qu’il soit venu et le fait de dire des choses comme ça, ça me touche.

La rédaction - Eric Salliot